Le Secrétaire Général du Ministère de l`Economie et des Finances, M. Abdeltif Loudyi, a présidé le Mercredi 24 juin 2009 la cérémonie d`ouverture du Séminaire intitulé : « Maroc : Entre tradition et insertion dans la mondialisation ». Ce séminaire a été tenu à l`occasion du voyage organisé par l`Institut français de la Gestion Publique et du Développement Economique (IGPDE), dans le cadre de son Cycle des Hautes Etudes pour le Développement Economique (CHEDE). Organisé au profit d`une soixantaine de participants comprenant :élus, hauts fonctionnaires, dirigeants d`entreprises, partenaires sociaux, journalistes, chercheurs et représentants de professions libérales, ce voyage d`étude a permis un échange sur l`évolution de l`économie marocaine ainsi que sur les stratégies et programmes en matière de commerce, d`industrie et des nouvelles technologies, en tant que leviers contribuant au développement économique et social du Maroc.  Dans son mot d`ouverture, M. A. Loudyi a rappelé l`importance des relations de coopération maroco-française, qu`elles soient économiques ou culturelles, et la place privilégiée dont jouie la France en tant qu`acteur principal de la dynamique de développement que connaît le Maroc. Il a précisé à cet égard, que les chantiers que la délégation aura à visiter au cours de ce séjour lui permettront de percevoir cette dynamique ainsi que l`impact de la coopération franco-marocaine sur tous les domaines. M. Ralph Dassa, Directeur de l`IGPDE a pour sa part, exprimé ses remerciements aux représentants du Ministère de l`Economie et des Finances pour l`appui qu`ils ont assuré à cette action de l`IGPD et l`accueil chaleureux qu`ils leur ont réservé. Il a également souligné que le choix du Maroc a été fait en considération de l`importance des échanges économiques et humains entre les deux pays, un choix, qui pour la première fois, dépasse les limites de la Communauté Européenne. Un exposé intitulé « Performances et perspectives de l`économie marocaine » a ensuite été présenté par M. Loudyi. Il a dressé le bilan de l`Economie marocaine et en particulier les résultats positifs constatés au niveau de : la croissance économique du pays ; la balance des paiements ; l`activité bancaire ; la capitalisation boursière ; les recettes fiscales ; la gestion active de la dette Quant aux défis qui restent à relever, M. Loudyi les a situés au niveau de : l`utilisation insuffisante du potentiel de certains secteurs comme le tourisme, l`agriculture et la pêche ; le risque de volatilité des principales sources de devises, à savoir le tourisme et les transferts des RME ; les contraintes multidimensionnelles telles que le coût de l`énergie et la masse salariale ; les défis sociaux nécessitant de: baisser la vulnérabilité du milieu rural ; renforcer l`efficacité des filets de sécurité et la politique de ciblage des dépenses de compensation ; baisser le taux de mortalité maternelle et infantile ; baisser le taux d`analphabétisme. Par ailleurs, et concernant le positionnement post crise du Maroc, M. Loudyi a affirmé que la Crise mondiale n`a pas eu d`impact sur le secteur financier marocain, étant donné le système de régulation en place. Elle a toutefois eu des répercussions sur l`économie réelle, où la baisse des exportations a été constatée du fait de la baisse de la demande sur le marché mondial. Les secteurs les plus touchés sont le Textile, le Cuir et l`industrie Automobile. Dans ce cadre, un Comité de veille stratégique a été crée, a précisé M. Loudyi. Il est chargé d`examiner les mesures à prendre pour anticiper l`impact de la crise économique sur les secteurs productifs nationaux. Il regroupe en son sein les ministres chargés des départements concernés, le Gouverneur de Bank Al-Maghrib, ainsi que les entreprises représentées par la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), les banques représentées par le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM) et les associations et fédérations professionnelles. La deuxième intervention intitulée : « les stratégies sectorielles, levier du développement économique » a été présentée par M. Ali Guedira, Conseiller du Ministre du commerce, de l`Industrie et des Nouvelles Technologies. Dans son exposé, M. Guedira a présenté le pacte National pour l`émergence industrielle, qui constitue, de part ses objectifs, la concrétisation de la stratégie émergence. Ce pacte est fondé sur les orientations de S.M. le Roi Mohamed VI, qui avait appelé le gouvernement à adopter une nouvelle stratégie dans les secteurs d`industrie, de services et de développement technologique, à renforcer l`entreprise nationale, à encourager l`investissement industriel porteur de valeur ajoutée, à inaugurer de nouvelles activités industrielles basées sur des techniques innovantes et à conquérir des marchés prometteurs pour l`exportation des produits et services. Selon M. Guedira, ce Pacte vise à gagner deux paris essentiels, à savoir l`émergence industrielle dans les secteurs liés aux métiers internationaux au Maroc et le renforcement du tissu entrepreneurial à travers trois projets horizontaux portant sur le renforcement de la compétitivité des Petites et moyennes entreprises (PME), l`amélioration du climat d`investissement et l`adéquation de la formation avec les besoins du développement économique. Ce pacte comporte une panoplie de mesures pratiques qui sont le fruit d`un travail commun et de concertation entre les secteurs public et privé et les institutions bancaires, intéressant le développement des plates-formes industrielles intégrées (PII), le développement des nouveaux métiers internationaux au Maroc et du secteur de cuir et de textile, la promotion des industries alimentaires, l`amélioration du climat des affaires et de la compétitivité des PME ainsi que l`adéquation de la formation avec les exigences du marché d`emploi, a-t-il précisé. « Le plan d`action relatif au développement des nouveaux métiers mondiaux au Maroc se base sur trois mesures portant essentiellement sur les domaines de l`Offshoring, l`automobile, l`aéronautique et l`électronique, où le Maroc est compétitif. L`objectif étant d`attirer le plus grand nombre d`investissements directs », a ajouté M. Guedira. Suite à ces deux interventions, un débat a eu lieu ouvert et s`est déroulé autour des questions suivantes : facteurs ayant permis de développer le rythme de croissance économique au Maroc durant les dernières années ; prise en compte, dans la politique économique marocaine, du défi de la jeunesse : formation, emploi et immigration ; la part du dialogue social et civil dans le plan de développement au Maroc ; le défi de la consommation énergétique et l`impact éventuel du réchauffement climatique sur certains secteurs économique marocains, notamment le tourisme ; la méthodologie poursuivie pour mener les chantiers de réforme cités dans le cadre du plan Emergence ; le degré d`intervention de l`Etat dans l`économie marocaine et le devenir de la politique en matière de privatisation ; prise en compte de l`écologie industrielle lors de la mise en place des Plateforme Industrielles Intégrées ; le rôle des collectivités locales et territoriales dans le développement de l`économie nationale au Maroc ; le niveau de transparence financière au Maroc et les institutions mises en place pour la garantir ; la place des finances islamiques dans le système financier marocain ; la maîtrise des dépenses pour la protection sociale au Maroc