Détail de l'actualité

Privatisation : impacts positifs sur l`économie nationale

17/05/2007
Privatisation : impacts positifs sur l`économie nationale

Les opérations de privatisation réalisées jusqu`à présent ont eu un impact assez positif sur les investissements directs étrangers, la libéralisation des secteurs concernés et la dynamisation du marché financier. C`est ce qui ressort de l`intervention de M. TALBI, Directeur des Entreprises Publiques et de la Privatisation, lors de la conférence tenue le 17 mai 2007 au siège du MFP. Cet impact positif est perceptible à travers plusieurs expériences réussies en l`occurrence celles de Maroc Telecom, d`Altadis Maroc et de la COMANAV   Cette conférence, organisée sous le thème « Libéralisation sectorielle et politique de privatisation au Maroc » a connu également l`intervention de MM. Abdeslam AHIZOUNE, Président du Directoire de Maroc Telecom, Larbi BELLAHA, Président du Directoire d`ALTADIS Maroc (Ex-Régie des Tabacs) et Taoufiq IBRAHIMI, Président Directeur Général de la COMANAV. Ces interventions représentent des expériences de privatisation réussies, ayant contribué à la libéralisation de l`économie marocaine. Dans son intervention, M. TALBI a affirmé que le portefeuille public est constitué de 687 Etablissements et Entreprises publics (EEP) qui opèrent dans des secteurs souvent stratégiques, représentant ainsi un véritable observatoire de la vitalité de l`économie marocaine.Le secteur public est marqué par de grandes tendances notamment les restructurations sectorielles (télécommunications, transports, activités portuaires, etc.). En effet, la libéralisation de l`économie ressort à travers le recul de la part de la valeur ajoutée du secteur des EEP dans le PIB : 7,5% en 2006 contre 18% en 1980 et 10% en 2002. Néanmoins, M. TALBI a fait remarquer que malgré la baisse du poids des EEP dans la valeur ajoutée, elle s`est accompagnée d`une intensification de leurs investissements qui enregistrent un doublement tous les 3 ans depuis l`année 2000.Le Directeur des Entreprises Publiques et de la Privatisation a annoncé que la réussite de la libéralisation des services publics suppose l`implication de trois acteurs : un Opérateur dont le statut juridique peut différer (entreprise privée, société d`Etat ou société mixte), une Collectivité qui prend la décision d`offrir le service public (Etat, Région, Ville ou Commune) et un Organe de Régulation qui organise la rencontre entre la Collectivité et l`Opérateur sur la base de règles fermes pour le respect de grands principes dont celui de la concurrence. M. TALBI a affirmé également que les libéralisations sectorielles ont pour objectif d`adapter le cadre institutionnel de l`opérateur historique à son environnement concurrentiel, de renforcer les capacités de gestion et de gouvernance de l`établissement public, de rétablir sa viabilité et sa rentabilité et de la préparer à la privatisation ou à l`ouverture de son capital.Cette libéralisation, a-t-il rappelé passe par la séparation des fonctions de régulation et d`exploitation, le traitement du service public (cadrage, évaluation du coût et mécanisme de financement) et la Transformation de l`Etablissement Public en Société Anonyme.Quant au programme de privatisation lancé depuis 1993, M. TALBI a affirmé qu`il a permis de privatiser totalement ou partiellement 73 unités, générant ainsi près de 83 milliards de DH. Ces opérations de privatisation ont eu un impact assez positif sur les investissements directs étrangers, la libéralisation des secteurs concernés et la dynamisation du marché financier.Pour conclure, M. TALBI a déclaré qu`afin de permettre au secteur public agissant dans les activités marchandes de réussir la mutation dictée par la globalisation, il est primordial de disposer d`une stratégie économique libérale, de définir des politiques de libéralisation sectorielles, d`introduire des mécanismes de concurrence et de régulation clairs et transparents et de moderniser la gouvernance des entreprises publiques selon les standards admis sur le plan international. Intervenant lors de cette conférence, M. AHIZOUNE affirme que Maroc Telecom est un exemple réussi d`un passage du secteur public au secteur privé, dont les conséquences sont à la fois nombreuses et de grande ampleur.Depuis 1998, le secteur des télécommunications a connu l`engagement d`ambitieuses réformes institutionnelles qui se sont traduites par la mise en place d`un environnement fortement concurrentiel. Ce processus, a rappelé M. AHIZOUNE, a abouti à la reconfiguration du marché des télécommunications : Maroc Telecom et deux nouveaux entrants (Méditel et Wana).Cette reconfiguration, a-t-il ajouté, n`a pas empêché Maroc Telecom de rester leader sur tous les segments du marché. Cette entreprise a su se développer tout en maintenant sa rentabilité dans un environnement concurrentiel.Toujours selon son Président de Directoire, les performances de Maroc Telecom ont été rendues possibles grâce à l`amélioration de ses outils de gestion, l`adoption d`une politique commerciale placée sous le signe de l`innovation et la forte exigence en matière de qualité.L`introduction en Bourse de Maroc Telecom représente également une étape importante dans l`aboutissement du programme de modernisation de l`entreprise, sans oublier son internationalisation, considérée comme une nouvelle voie à la conquête d`avantages compétitifs. M. AHIZOUNE a affirmé que la privatisation a permis à Maroc Telecom d`être la première capitalisation boursière, l`unique entreprise nationale à être cotée à Casablanca et à l`international, de représenter une valeur de rendement et de croissance depuis sa création et d`être le premier investisseur dans les NTIC (près de 4 millions de dirhams par an).Quant à M. BELLAHA, la privatisation de la Régie des Tabacs visait à assurer la pérennité de la société en raison de son rôle socio-économique. Inscrite sur la liste des sociétés privatisables en 2002, la préparation de l`entreprise à cet effet est passée par l`assainissement de sa situation (externalisation de la Caisse interne de retraite) ainsi que l`élaboration et la mise en ?uvre d`un plan d`action de mise à niveau couvrant la période 2001-2003 et d`un Business Plan pour la période 2003-2007. La Régie des Tabacs a été ainsi cédée pour plus de 18 milliards de DH au profit d`ALTADIS, un groupe d`envergure internationale fort de 29 000 personnes et présent dans plus de 100 pays. M. BELLAHA a rappelé dans son intervention que cette privatisation a eu un impact positif sur les ventes, la distribution, les modes de gestion, l`infrastructure industrielle ainsi que sur les recettes fiscales. Concernant l`expérience de la COMANAV, M. IBRAHIMI a déclaré que la privatisation est venue pour couronner le succès du plan de restructuration de l`entreprise. Ainsi, la COMANAV a connu en 2006 une mise à niveau de sa flotte et une restructuration financière afin de préparer sa privatisation qui a eu lieu en 2007 avec son adossement au 3ème opérateur maritime mondial CMA CGM. Considérée comme l`une des privatisations les plus rapides de l`histoire du Maroc (14 mois), M. IBRAHIMI a affirmé que cette opération permettrait à la COMANAV de mutualiser ses capacités, ses équipements et ses réseaux de vente aussi bien au Maroc qu`en Europe. Toujours selon M. IBRAHIMI, cette privatisation offrirait un nouveau souffle aux capacités d`investissement de la COMANAV, à son développement ainsi qu`à sa politique de gestion des ressources humaines.Veuillez consulter les présentations relatives à cette conférence :