Le Ministère des Finances et de la Privatisation a organisé, le 5 décembre 2006 conjointement avec le Ministre de la Modernisation des Secteurs Publics, une conférence de presse consacrée à l`évaluation du bilan de l`opération de départ volontaire de la fonction publique« L`opération de départ volontaire constitue un des principaux axes visant la modernisation de la gestion des ressources humaines de la fonction publique. Elle est considérée comme étant la première opération qui a concerné la gestion des ressources humaines de l`administration marocaine depuis l`indépendance », a affirmé M. Fathallah Oualalou dans son discours d`ouverture.S`agissant de la rentabilité financière de cette opération pour le budget de l`Etat, M. Oualalou a indiqué qu`elle a atteint 22,6 milliards de dirhams. Ce chiffre résulte d`une réduction de la masse salariale (34,8 milliards de dirhams, ce qui a permis à la Trésorerie du Royaume d`épargner en 2006, 4,8 milliards de dirhams soit 1% du PIB), des gains sur les contributions à la Caisse Marocaine des Retraites, à la mutuelle et sur les allocations familiales (4,7 milliards de dirhams), ainsi que sur les indemnités de départ volontaire perçus par les 38.800 bénéficiaires de cette opération (11,2 milliards de dirhams). L`opération a généré également des gains concernant l`Impôt Général sur le Revenu (5,7 milliards de dirhams).L`opération de départ volontaire a permis l`insertion de plusieurs fonctionnaires dans le secteur privé, aidant ainsi au développement de divers projets économiques. D`autres bénéficiaires de cette opération travaillent au sein d`associations de la société civile et soutiennent l`Initiative Nationale pour le Développement Humain dans tout le Royaume, a ajouté M. Oualalou, sans oublier les répercutions positives de l`opération sur l`amélioration des recettes fiscales. Concernant l`impact de cette opération sur les équilibres du système des retraites civiles, M. Oualalou a affirmé que le gouvernement s`engage à verser à la CMR le coût de cet impact qui s`élève à 7,5 milliards de dirhams, débloqué sur quatre ans.M. Oualalou a profité de cette rencontre pour ajouter que cette opération est une initiative purement marocaine, qualifiée par la Banque Mondiale d`action pilote et pionnière dans la région MENA. Pour sa part, M. Mohammed Boussaid s`est félicité de la réussite d`« Intilaka » qui a suscité des échos favorables au niveau de plusieurs départements ministériels. Il a tenu à remercier le MFP des efforts engagés pour la réussite de cette opération, dont l`évaluation a été confiée au bureau d`études KPMG. « Intilaka n`est pas une opération isolée, elle s`inscrit dans le cadre d`un programme complémentaire et intégré visant la réforme et la modernisation de la fonction publique », a souligné M. Boussaid, ce programme comprend une série de mesures liées à la modernisation de la GRH, la simplification des procédures administratives et la rationalisation de la gestion publique. Dans ce sens, M. Boussaid a précisé que le gouvernement s`atèle actuellement à la mise en place des dernières retouches concernant les mécanismes de soutien et de simplification de la mobilité et du redéploiement des fonctionnaires ; l`objectif étant de combler le déficit dans certains département ministériels et régions du Royaume. Il a également indiqué que son département est entrain d`étudier, en collaboration avec le MFP, une réforme du régime salarial, un des chantiers importants du processus de la modernisation. Suite aux interventions de Messieurs les ministres, les interrogations des représentants de la presse ont porté essentiellement sur l`éventualité d`une deuxième opération de départ volontaire, ainsi que l`impact de cette opération sur la masse salariale et sur le taux d`encadrement au sein de l`administration marocaine.Concernant l`éventualité d`une deuxième opération de départ volontaire, M. Oualalou a affirmé que des dotations sont consacrées à cet effet pour certains établissements publics, surtout dans le secteur agricole (Offices Régionaux de Mise en Valeur Agricole), et qu`il existe des réflexions concernant les collectivités locales si le budget de ces dernières le permettrait.En réponse à la question liée à la masse salariale, M. Oualalou a souligné que l`opération a eu certes un impact significatif sur la masse salariale, mais qui a été masqué par les dépenses engagées dans le cadre du règlement des dossiers de promotion des fonctionnaires. Ce dossier s`est accaparé d`un montant considérable du budget de l`Etat. Pour ce qui est du taux d`encadrement au sein de l`administration marocaine, M. Boussaid a réfuté ce constat en affirmant que l`administration marocaine est toujours riche de ses compétence et que certains départements connaissent toujours un sureffectif de son personnel. Une meilleure répartition des fonctionnaires sur l`ensemble des régions du Royaume serait, selon lui, une solution à ce problème.