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Monsieur Mohammed Boussaid explique la loi de finances 2015 à la fondation Attijariwafa BANK : 02/02/2015

Monsieur Mohammed Boussaid explique la loi de finances 2015 à la fondation Attijariwafa BANK

Le Ministre de l’Economie et des Finances, Monsieur Mohammed BOUSSAID, a été, le Jeudi 29 Janvier 2015, l’invité de la Fondation Attijari Wafa Bank qui a entamé ses cycles de conférences pour l’année 2015 par la rencontre organisée sous le thème: « La Loi de finances 2015: Cap sur la relance de la croissance et l’équité sociale».

Lors de son exposé, Monsieur le Ministre a rassuré que le retour à l’équilibre se poursuit. L’année 2014 s’est soldée par un déficit budgétaire de 4,9% contre 5,2% en 2013 (4,3% prévus en 2015). Le déficit du compte courant est passé de 7,6% en 2013 à 5,8% en 2014 et devrait se limiter à 3,3% en 2015.

«Je vous invite à apprécier la performance d’avoir divisé le déficit du compte courant par trois en trois ans», a souligné Monsieur BOUSSAID en précisant que le Maroc entame depuis 2013, une phase de redressement des équilibres macro-économiques, sous l’effet des réformes touchant les finances publiques, et ce après la conduite d’une politique contracyclique depuis 2009.

Monsieur le Ministre a également annoncé que le taux de croissance économique devrait se situer autour de 3% en 2014. Il a ainsi signalé que la reprise des activités non agricoles s’accélère. Les indicateurs sectoriels attestent d’une meilleure évolution à fin 2014 en comparaison avec 2013, à l’exception du secteur du BTP (les ventes de ciment en baisse de 5,4%). Du côté de l’export, la dynamique des principaux secteurs, essentiellement la construction automobile, a largement compensé la baisse des ventes des phosphates et dérivés.

«Compte tenu de ces évolutions, le taux de croissance économique devrait se situer autour de 3% en 2014, en dépit de la baisse de 1,5% de la valeur ajoutée du secteur agricole», a affirmé Monsieur BOUSSAID qui a annoncé par ailleurs, que le PIB devrait franchir en 2015 la barre des 1.000 milliards de DH.

Evoquant le déficit commercial, Monsieur le Ministre a expliqué que l’offre exportable est insuffisante et peu diversifiée et a souligné la nécessité d’enrichir le modèle de croissance marocain: le déficit de la balance commerciale a doublé en dix ans, passant de pratiquement 100 à 200 milliards de DH entre 2005 et 2014. La solution, selon Monsieur BOUSSAID, passe par l’intégration du tissu productif et le développement de l’import-substitution. Il s’agit aussi d’accélérer la transformation vers des industries manufacturières et les services à forte valeur ajoutée.

Par ailleurs, le Ministre de l’Economie et des Finances a défini quatre axes stratégiques pour un nouveau cap économique, à savoir :
  • l’impulsion d’une politique de l’offre basée sur la réindustrialisation, avec des mesures destinées à la stimulation de l’investissement privé;
  • la poursuite de la politique de soutien à la demande et à l’emploi, tout en ciblant davantage les segments sociaux et territoriaux les moins intégrés;
  • le rétablissement progressif des équilibres macroéconomiques, appuyé par la transformation de la gouvernance et le fonctionnement de l’Etat;
  • la diversification des partenariats avec le monde.
Concernant l’impact de la chute des prix du pétrole, Monsieur le Ministre a expliqué que cet impact sur la croissance en 2015 est insignifiant.

Une première simulation a donné un différentiel de 0,2 à 0,3% de croissance. Cependant, laisse entendre Monsieur BOUSSAID, l’impact sur le compte courant de la balance des paiements demeure important.

D’un point de vue budgétaire, la chute du prix du pétrole aura pour effet une perte de l’ordre de 3 milliards de DH au titre des recettes de TVA à l’importation. Au cas où le Maroc aurait maintenu le système de compensation des produits pétroliers, le budget aurait gagné 7 milliards de DH.

«Le Gouvernement ne va pas revenir sur cette décision. La décompensation a des effets bénéfiques sur la compétitivité économique ainsi que le pouvoir d’achat. La baisse des prix est une aubaine pour les ménages et les entreprises. Il faut en profiter», a affirmé Monsieur BOUSSAID.

Sur un autre plan, le Ministre de l’Economie et des Finances a annoncé que le butoir TVA remboursés en 2014 a atteint 5 milliards de DH (notamment pour les exportations). En plus de ce montant, il va falloir compter également 1,1 milliard de DH, soit l’équivalent du manque à gagner pour le budget de l’Etat (dépenses fiscales) suite à l’application de la règle de décalage. Le processus de remboursement du butoir de TVA a commencé par les dossiers dont les créances cumulées au 31 décembre 2013 ne dépassent pas 20 millions de DH. Les 5 milliards remboursés jusqu’ici correspondent à 96% de l’ensemble des entreprises concernées par le butoir. Le reste à rembourser, soit le gros lot, va toucher un total de 70 entreprises (en dehors des entreprises publiques).

«Nous espérons tourner cette page du butoir au cours des trois prochaines années», a précisé Monsieur BOUSSAID.

Abordant le sujet sur la charte d’investissement, le Ministre de l’Economie et des Finances a avancé que la nouvelle charte de l’investissement est en cours de finalisation et qu’elle sera bientôt mise dans le circuit législatif. De nouvelles incitations financières y seront intégrées. Les projets seront par ailleurs différenciés selon leur nature ainsi que le territoire de leur implantation.

En outre, Monsieur le Ministre a informé l’assistance quant à l’opérationnalité de la loi sur les contrats de partenariat public privé (PPP) qui est d’ores et déjà approuvé. «Nous sommes en train de mettre en place une conception opérationnelle du texte. Nous identifions les projets qui seront mis à travers des PPP», a-t-il souligné.

S’agissant de la régionalisation, Monsieur BOUSSAID a porté à la connaissance des participants au premier cycle des conférences de la Fondation Attijari Wafa Bank au titre de l’année 2015, que l’objectif est de réserver aux régions 10 milliards de DH de ressources budgétaires d’ici 2021. Ces ressources vont transiter par les deux Fonds prévus par la Constitution: le Fonds de solidarité interrégionale et celui de mise à niveau sociale.