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​Le Forum pour le Développement de l’Afrique: Organisation de plusieurs ateliers débat : 16/10/2014

​Le Forum pour le Développement de l’Afrique: Organisation de plusieurs ateliers débat

​Le Forum pour le Développement de l’Afrique poursuit ses travaux avec l’organisation de plusieurs  ateliers débat. Parmi ces ateliers, deux thèmes ont suscité un intérêt particulier, le premier, organisé mardi 14 octobre a porté  sur « la mobilisation des ressources nationales » et le second, qui a eu lieu le 15 octobre 2014 avait pour sujet « le renforcement des c​apacités pour lutter contre les flux financiers illicite ».

Les experts ont été anonyme à souligner que la prédominance du secteur informel constitue un obstacle majeure face à la mobilisation des ressources nationales, des milliers de PME africaines opèrent dans ce secteur et ne paient pas d'impôts, et l'économie informelle représente 20 à 40 pour cent de la richesse des pays africains et environ 70 pour cent de la population africaine travaille dans ce secteur informel. 

Madame. Kaba Nialé, ministre de l'Economie et des Finances de la Côte d'Ivoire, a déclaré que «la mobilisation des ressources intérieures est d’une importance cruciale pour le soutien de la croissance économique actuelle du continent africain." Elle a affirmé que de nombreux pays africains sont convaincus de la nécessité d’améliorer la capacité de générer des revenus à l'intérieur afin d'avoir une croissance économique durable. 

"Il est bien connu que les gouvernements africains ont une faible capacité de percevoir des impôts. Bien que les recettes fiscales soient la principale source de ressources nationales, de nombreux pays africains ont un ratio impôts-PIB inférieur à 10 pour cent », a-t-elle souligné. 

D’autre part, et malgré sa dépendance excessive vis-à-vis de l'exportation des ressources naturelles, l’Afrique ne perçoit que 3 à 5% des revenus de ses ressources à cause de la fuite des capitaux, qui a touché plus de 500 MM $ Au cours de la dernière décennie. Une situation que les experts africains imputent à la faiblesse des régimes de réglementation, et à la perception des investisseurs qui traitent ces ressources comme si elle était intarissable.

De leur côté, M. Machiko Nissanke, Professeur d'économie à l'École des Etudes Orientales et Africaines de l'Université de Londres, et M. Aeneas Chuma Chapinga, Directeur régional pour l'Afrique de l'Organisation Internationale du Travail, ont souligné que ce ne sont pas les liquidités qui manquent mais plutôt les intermédiaires financiers pour canaliser ce capital vers des investissements productifs. 

Les experts ont également examiné les moyens de mobiliser les fonds,  et les envois de fonds. Dr Esman M. Nyamongo, président Directeur de la Banque centrale du Kenya, a déclaré que «les envois de fonds, en particulier dans les deux dernières décennies, ont dépassé les sources traditionnelles de flux externes. Des études sur l'impact du flux des envois de fonds dans la région ont mis au jour un certain nombre de résultats positifs. Par exemple, la majorité de l'argent envoyé par des particuliers à des particuliers est canalisée dans les départements du secteur public tels que l'éducation et la santé. En outre, en raison de l'ampleur de ces flux, les envois de fonds peuvent même soutenir le taux de change d'un pays et même d'introduire la stabilité macro-économique. 

Les envois de fonds dans les pays africains représentent une moyenne de 3 à 5% de leur PIB, mais ce chiffre est nettement plus élevé au Lesotho où il représente 25% du PIB de la nation. Les envois de fonds ont un impact considérable sur le développement du secteur bancaire et le marché boursier. Mme. Faiza Feki présidente de la Banque Centrale de Tunisie, a souligné, «Environ 88% des fonds de la Tunisie sont des transferts en provenance d'Europe et 9% sont en provenance des pays arabes." 

Indéniablement, les envois de fonds ont un impact fondamental sur l'éco-système économique des pays africains. La question est de savoir comment les gouvernements peuvent convertir ces envois de fonds dans des investissements à long terme? Certains croient que la solution est entre les mains de la diaspora qui doit participer au financement des projets gouvernementaux. La Banque mondiale estime que les envois de fonds de la diaspora de l'Afrique ont atteint 40 MM $en 2012 avec un potentiel de croissance de 200 MM $ au cours de la prochaine décennie. 

De son côté, M. Abou-Sabaa, vice-président en charge de l'Agriculture, du Développement Humain et la Gouvernance à la Banque Africaine de Développement, a souligné que la collecte des impôts en Afrique s’est considérablement amélioré au cours des dix dernières années, et qu'il y a des exemples très encourageants et des modèles à suivre en Afrique pour augmenter la capacité interne de collecte des ressources.