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La transformation de l'Afrique nécessite une réorientation de l'investissement vers l'économie réelle : 14/10/2014

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La transformation de l'Afrique et son développement impliquent une nécessaire réorientation de l'investissement et des capitaux vers l'économie réelle avec un intérêt particulier aux PME-PMI qui constituent l'essentiel des économies du continent, ont plaidé, mardi à Marrakech, des décideurs afr​icains et experts en développement dans le cadre des débats de la 9ème édition du Forum pour le Développement en Afrique (ADF-IX).

Cette conviction a été largement partagée lors des débats d'une table ronde sur le thème "Politiques innovantes pour un monde en transition" où des intervenants ont croisé leurs points de vue sur la complexe question du financement du développement et les difficultés des décideurs africains à mobiliser les ressources nécessaires pour mener à bien les programmes de développement dans des secteurs générateurs d'emploi et de richesse.

M. Juan Somavia, Conseiller du secrétaire général des Nations Unies pour les Etats politiques de coopération, a affirmé qu'avec la crise mondiale de 2008, le modèle économique des 30 dernières années a montré ses limites et se trouve dans l'incertitude quant à l'un de ces principes fondateurs consacrant la capacité des marchés à s'autoréguler et le confinement des prérogatives de régulation des Etats et des gouvernements.

Dans un marché dérégulé, les capitaux et les fonds d'investissements se sont déversés sur les activités spéculatives qui ont pris le dessus sur l'investissement de l'économie réelle, a-t-il dit, affirmant que l'on ne peut pas sortir de la crise avec un modèle économique qui a généré cette même crise.

Et de relever qu'en Afrique il s'agit d'inverser cette tendance et penser à un modèle de développement qui assure le financement de l'économie réelle et l'orientation du capital vers les secteurs productifs, à travers des stratégies d'encouragement à destination de ces secteurs et des mesures restrictives sur la spéculation.

Les décideurs africains doivent aussi veiller à ce que les investissements étrangers à travers les grandes compagnies répondent aux soucis du développement durable des économies africaines dans le cadre de partenariats gagnants-gagnants, a-t-il conseillé.

Abondant dans le même sens, Dr. Carlos Lopez, sous-secrétaire général des Nations Unies et secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique (CEA), a plaidé pour une orientation de l'investissement dans l'économie réelle qui crée l'emploi et renforce la classe moyenne qui génère les deux tiers de la croissance à travers la consommation interne.

L'effort des décideurs africains doit se concentrer sur cet objectif en favorisant le flux des investissements vers les PME-PMI, la meilleure voie de s'assurer une croissance équitable permettant la création de l'emploi et la distribution des richesses.

Et de relever que la crise financière majeure de 2008 et son impact sur les modèles économiques actuels et le paysage financier mondial a apporté toutefois une nouvelle tendance positive en Afrique. Le 1/3 des échanges commerciaux du continent s'opèrent désormais entre pays africains et cette tendance va se poursuivre sur les dix prochaines années pour atteindre 60 à 70 pc des échanges commerciaux.

Avec les changements survenus dans les secteurs financiers au niveau international aux implications évidents sur le paysage géopolitique, l'Afrique doit tirer profit judicieusement de cette situation pour mieux se repositionner dans l'économie mondiale.

Source: MAP