Le Ministre de l`Economie et des Finances, Monsieur Nizar BARAKA, a affirmé dans un entretien accordé à l`Agence Marocaine de Presse que le Projet de Loi de Finances 2013 vise une meilleure efficience de la dépense publique à travers un meilleur ciblage des politiques publiques et le maintien de l`effort d`investissement pour promouvoir l`emploi ainsi que le soutien à la croissance. Le Gouvernement insiste sur la nécessité de soutenir la croissance et maintenir l`effort de l`Etat en matière d`investissement, ainsi que l`effort de rationalisation des dépenses de fonctionnement à travers la réduction du train de vie de l`Etat, a-t-il précisé. Monsieur le Ministre a expliqué que ce projet, qui table sur un taux de croissance de 4,5%, un cours de pétrole de 105 dollars le baril et un dollar à 8,5 dirhams, s`inscrit dans une logique d`efficience, de rationalisation et d`amélioration de l`efficacité de la dépense publique, le but étant de réduire le déficit budgétaire à 4,8 % en 2013 contre 6,1 % en 2011. Pour atteindre cet objectif, le Gouvernement compte également soutenir la croissance pour avoir des marges de manoeuvre au niveau du budget et au niveau des politiques publiques, a-t-il poursuivi. En 2013, nous visons la mobilisation de recettes supplémentaires à travers une meilleure participation des établissements publics à l`effort budgétaire, une meilleure valorisation des domaines de l`Etat, outre les mesures permettant une stabilisation des ressources fiscales et non fiscales au niveau de l`Etat , a encore dit M. BARAKA. Le Gouvernement compte en outre maintenir l`effort d`investissement pour créer davantage d`emplois, a indiqué M. le Ministre, soulignant la nécessité de renforcer le contenu de la croissance en emploi à travers la mise en place de mesures visant à faciliter l`insertion des jeunes dans le marché du travail avec un ciblage des chômeurs de longue durée et l`ouverture de nouveaux espaces de recrutement au niveau de l`enseignement privé et au niveau de la société civile, à travers les associations. Pour promouvoir la création d`emplois, le gouvernement compte également s`inscrire dans une logique de diversification productive avec le développement des secteurs à forte valeur ajoutée, outre l`accompagnement du BTP, a-t-il affirmé, faisant savoir que de nouveaux contrats programmes seront mis en place avec d`autres secteurs, outre ceux retenus dans le plan Emergence. Parmi ces secteurs, M. le Ministre a cité l`industrie pharmaceutique, la chimie et parachimie et l`industrie métallique, mécanique et électrique. M. le Ministre n`a pas manqué de souligner l`importance d`accompagner la PME, de réduire la pression fiscale en faveur de le très petite et la petite entreprise et de soutenir les secteurs qui connaissent des difficultés notamment le tourisme. Il a aussi mis l`accent sur le rôle de l`économie sociale notamment avec l`adoption du code des coopératives qui ont un grand potentiel de création d`emplois. Il a d`autre part annoncé que le Gouvernement compte maintenir un effort de recrutement au niveau de la fonction publique dans le cadre du projet de loi de finances 2013, rappelant que plus de 26.000 postes d`emploi ont été créés au titre de 2012. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer le contenu en emplois de la croissance pour atteindre 40.000 emplois créés pour chaque point de croissance contre une moyenne 25.000 et 30.000 postes d`emplois par point de croissance actuellement. Pour ce qui est des réformes de la caisse de compensation, du régime de retraite et du système fiscal, M. le Ministre a estimé qu`ils ne peuvent plus être reportées, soulignant que l`accélération de la mise en ?uvre de ces chantiers constitue l`une des priorités du gouvernement. Il a ajouté que ces réformes structurelles ont connu certaines avancées mais n`ont pas pu être menées à leur terme Evoquant la réforme de la caisse de compensation, M. BARAKA a indiqué que le Ministère Délégué Chargé des Affaires Générales et de la Gouvernance travaille dans une logique partenariale avec plusieurs départements, les opérateurs concernés et les représentants des associations des consommateurs pour pouvoir arriver à converger vers une réforme qui puisse avoir l`aval de l`ensemble des partenaires. Il a, dans ce sens, expliqué que l`objectif principal de cette réforme est de contenir l`enveloppe de la compensation à un niveau soutenable sur le plan budgétaire, ainsi que de parvenir à aller dans une logique de ciblage des populations démunis en leur accordant des transferts monétaires directs qui soient conditionnels. Dans ce contexte, M. le Ministre a rappelé la mise en place, dans le cadre de la Loi de Finances de 2012 du Fonds de cohésion sociale qui a permis de financer le régime d`assistance médicale pour les plus démunis et de financer le programme Tayssir qui vise à lutter contre l`abandon scolaire, outre le soutien aux familles démunies qui ont des enfants handicapés. La pérennité de ce Fonds permettra d`accompagner la réforme de compensation dans cette logique de ciblage tout en agissant sur les autres paramètres dont les structures des prix, a-t-il encore dit. Concernant le dossier de la retraite, M. BARAKA a indiqué que la commission technique mise en place à cet effet a presque finalisé son rapport. Nous considérons que cette réforme ne peut se faire sans la participation des partenaires sociaux tout en veillant à agir pour maintenir la pérennité des caisses, a insisté M. BARAKA. Evoquant la réforme du système fiscal, il a indiqué que cette question sera traitée dans le cadre des assises fiscales prévues en février 2013, soulignant que l`objectif de cette réforme est de se doter d`un système adéquat répondant aux attentes et des besoins de croissance et développement de l`économie. Cette réforme vise aussi à permettre à ce système d`être au service des citoyens et des entreprises et de rapprocher l`administration des administrés, a-t-il poursuivi. Il s`agit ainsi d`accompagner la croissance, l`investissement et l`entreprise, de faire en sorte que le système fiscal soit plus équitable et d`améliorer la relation entre contribuable et administration fiscale, a expliqué M.BARAKA. Pour le secteur agricole, l`exonération sera prolongée jusqu`à fin 2013, conformément aux hautes orientations royales, a-t-il indiqué, faisant savoir que la question de l`imposition de ce secteur sera débattue dans le cadre des assises fiscales. Source : MAP