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Crise mondiale : Nizar Baraka préconise une nouvelle division du travail

18/05/2012
Crise mondiale : Nizar  Baraka préconise une nouvelle division du travail

M. Nizar Baraka, ministre de l`Economie et des Finances, , a préconisé, jeudi 17 mai 2012 à New York, une "nouvelle division du travail" couplée à une "nouvelle gouvernance mondiale anticipative" pour faire face à un risque de crise "réel" qui menace à la fois les pays avancés, émergents que ceux en développement.         "Même si les perspectives de la croissance mondiale s`améliorent progressivement, les risques de dégradation restent présents", a averti M. Baraka qui intervenait lors d`un débat sur la situation économique et financière mondiale. Parmi ces risques, M. le ministre a cité l`aggravation de la crise des dettes souveraines sur la zone euro, le resserrement budgétaire important aux Etats-Unis, le ralentissement plus visible de l`activité en Chine et dans d`autres pays émergents, les fluctuations des taux de change, l`instabilité géopolitique dans la région MENA et son impact éventuel sur les cours de pétrole ou encore la croissance en Afrique qui se heurte à des problèmes de développement à long terme. Les perspectives de croissance et les risques qui les accompagnent constituent une évolution "inédite" dans le monde et sont révélateurs de "défis majeurs" qui exigent de "repenser les modèles économiques dominants", a suggéré M. Baraka à ses pairs du monde entier en conclave au siège des Nations Unies pour "essayer d`apporter les réponses possibles aux différents défis auxquels nous sommes tous confrontés". Cette réunion de haut niveau de deux jours a été ouverte par le Secrétaire général de l`ONU et le président de l`Assemblée générale en présence notamment de plusieurs présidents et Chefs de gouvernement, du président de la Commission européenne, ainsi que d`éminents économistes. Pour M. Baraka, ces différents défis supposent également de sécuriser les bases d`une croissance inclusive où la question d`emploi et la réduction des inégalités doivent être érigées en priorités. Cette croissance doit être, en outre, "plus soucieuse de durabilité et d`équilibres environnementaux, moins exposée aux changements climatiques et qui converge davantage vers une économie verte soutenable". Certes, a-t-il fait observer, des politiques de stabilité ont été lancées, notamment dans les pays développés, mais elles "n`ont pas donné de résultats probants surtout au regard de l`exigence impérieuse de relancer la croissance et l`emploi".A cet égard, il a souligné la "nécessité de concilier entre l`exigence d`assainissement des finances publiques et avoir les moyens d`une relance économique qui ne pénalise pas l`investissement et qui permet d`intégrer la population dans une dynamique de création de richesses et de cohésion sociale pour atténuer les inégalités de développement au niveau mondial et sociales au niveau des différents pays". C`est pourquoi M. le ministre a plaidé en faveur d`une "nouvelle division du travail" dans laquelle les pays émergents peuvent jouer un rôle important dans le cadre d`une "chaine de valeur rénovée, orientée vers de nouveaux vecteurs de croissance en relation avec les nouveaux métiers comme l`économie verte ou l`économie de la connaissance".C`est dans ce contexte également qu`il s`est inscrit en faveur "d`une nouvelle gouvernance mondiale, anticipative et non plus réactive", une priorité, selon lui, pour sortir de la crise et surtout pour prendre en charge la déconnexion grandissante des prix par rapport à l`économie réelle". A Dans son optique, la mobilisation des moyens financiers ne sera plus dédiée "exclusivement au sauvetage des systèmes financiers et bancaires dont la logique de fonctionnement n`est pas soutenable à l`avenir", mais s`inscrira dans une "vision dynamique où la mobilisation des fonds servirait de nouvelles politiques de relance, de construction et de refondation des modèles de développement où l`investissement, l`emploi et la cohésion sociale constituent des priorités". Pour lui, l`Afrique, où la croissance économique continue de se heurter à des problèmes de développement à long terme tout comme la région MENA qui bien qu`ayant relativement résisté à la crise économique mondiale, reste confrontée à un climat d`incertitude, lié notamment aux bouleversements enregistrés dans cette partie du monde, se doivent de "repenser leurs modèles de développement".Cette situation interpelle ces différentes régions du monde à "repenser leurs modèles de développement, en se basant sur le potentiel inestimable de la jeunesse, de l`économie de la connaissance, de l`économie verte pour stimuler une croissance plus inclusive et plus équitable à la faveur d`une gouvernance plus efficiente et plus transparente", a-t-il plaidé. Des "pré-requis stratégiques pour mettre en oeuvre un programme de réformes ambitieuses et de croissance inclusive, qui privilégie des politiques économiques et sociales mieux ciblées et qui respectent la dignité humaine et qui ouvrent de nouvelles chances à l`accélération du processus de développement, au dépassement des passifs économiques et sociaux et qui récréent une espérance à la mobilisation citoyenne des populations".Car, "c`est à ce prix, a-t-il estimé, que l`on pourra restaurer la confiance et améliorer l`attractivité des investissements" notamment en Afrique et dans les pays de la région MENA. A Et de conclure que les "évolutions en cours dans le monde refondent la nécessité de penser collectivement notre destin commun" et de redoubler d`efforts pour favoriser des logiques de convergence et dépasser à terme les inégalités criantes qui se sont développées par le passé. Source: MAP