Les nouvelles perspectives de privatisation et de Partenariat Public Privé étaient au centre de la rencontre de M. Abdelaziz TALBI, Directeur des Entreprises Publiques et de la Privatisation avec les membres de la Commission Economique et Financière de la Chambre Française de Commerce et d`Industrie au Maroc (CFCIM), qui s`est tenue le 11 novembre 2009 à Casablanca en présence de responsables de la DEPP.    Dans son allocution d`ouverture, le Président de la Commission Economique et Financière de la CFCIM et ex-Ministre des Finances, M. M`hamed SAGOU, a fait part de l`intérêt accordé aux avancées du secteur public marchand et de l`importance du thème abordé lors de cette rencontre.  Dans sa présentation, M. TALBI a mis en relief la nouvelle dynamique enclenchée au niveau du secteur public marchand, boostée par les retombées positives des politiques de libéralisation et de restructurations sectorielles conduites à différents rythmes (télécommunications, transports, activités portuaires, énergie, phosphates?) et par le développement des opérations de Partenariats Public Privé (PPP). Il a également mis l`accent sur la progression exponentielle des investissements des EP qui a enregistré un taux de croissance annuel moyen de 27,3% sur la période 2005-2008, soutenu par les recettes de privatisation affectées au Budget Général de l`Etat et au Fonds Hassan II pour le Développement Economique et Social. « Nous passons de record en record en matière d`investissement public », a-t-il précisé. Pour 2010, les prévisions d`investissement sont de 111 milliards de dirhams sur une enveloppe de 506 milliards de dirhams programmée pour la période 2008-2012. Il a ensuite mis en exergue les différentes réalisations en matière de PPP et de gestion déléguée, notamment dans les secteurs de distribution d`eau et d`électricité et d`assainissement, de transport urbain, de production d`électricité, d`eau d`irrigation, d`activités portuaires, d`habitat et d`agriculture. S`agissant des perspectives de cession des participations de l`Etat, M. TALBI a précisé qu`il existe un potentiel important, estimé à 50 milliards de DH à travers, soit la cession totale ou partielle des sociétés inscrites sur la liste des entreprises privatisables, soit la cession des participations minoritaires à des investisseurs privés et/ou publics. Quant aux modalités de cession, M. TALBI a indiqué qu`elles seront définies sur la base des recommandations des cabinets conseils et en fonction de la qualité des candidats et des opportunités du marché. « Ce n`est pas parce qu`il y a un potentiel, que nous allons l`exploiter totalement et immédiatement. Les prochaines opérations seront menées avec réalisme et pragmatisme », a-t-il indiqué. M. TALBI a rappelé que la privatisation n`a pas pour finalité de renflouer les caisses de l`Etat, le but étant d`introduire des mécanismes de concurrence, de pérenniser les entreprises et partant restructurer l`économie et rationaliser l`action de l`Etat. Le débat qui s`en est suivi a porté essentiellement sur les mutations profondes du secteur public, la promotion de l`énergie solaire au Maroc, l`analyse préalable des projets et la prise de décision d`investissement ainsi que l`aspect lié à leur financement. Concernant la promotion de l`énergie solaire, il a été indiqué que le Maroc dispose d`un plan solaire dont l`objectif est d`installer 2000 MW à l`horizon 2020 pour un investissement de 70 milliards de dirhams dans le cadre de PPP. Quant à l`électricité solaire produite par les ménages connectée au réseau, un projet pilote dénommé « Chourouk » est en cours de lancement par l`ONE sachant que les conditions de redéploiement de ce type de projet à une échelle plus grande demeurent relativement coûteuses. Pour les industriels, l`amendement de la loi régissant l`ONE a donné la possibilité aux opérateurs privés d`autoproduire de l`électricité avec un seuil d`une puissance de production de 50 MW. Par ailleurs, M. TALBI a souligné que le recours à des entités dédiées à des projets spécifiques (Agence Spéciale Tanger Méditerranée, Agence pour l`Aménagement de la Vallée du Bouregreg?) s`est avéré d`une grande efficacité du fait d`un effectif réduit et d`une organisation optimale, d`une gouvernance rénovée et d`un actionnariat impliquant une synergie entre les différents acteurs : l`Etat, les Collectivités Locales, les Etablissements Publics et les opérateurs privés. En ce qui concerne les décisions d`investissement, M. TALBI a précisé qu`elles sont appuyées de façon systématique par des études afin de se prononcer sur leur faisabilité et leur viabilité économique. En outre, ces décisions sont examinées au niveau de Comités stratégiques et des organes délibérants de l`entreprise avant leur adoption. Quant à l`aspect lié au financement, le Directeur de la DEPP a souligné que l`autofinancement constitue près de 70% du montant des investissements du secteur public marchand. Les entreprises publiques ont recours également aux financements extérieurs. Dans ce contexte, M. TALBI a tenu à souligner que la réussite d`un projet, au-delà du souci de son financement, est tributaire d`une politique volontariste, d`un montage institutionnel novateur, d`une gouvernance moderne et d`un management et de ressources humaines de qualité. « Le souci du financement ne devrait pas l`emporter sur la qualité et l`originalité du projet lui-même » a-t-il ajouté. Au terme de cette rencontre, le Président de la Commission Economique et Financière de la CFCIM, M. M`hamed SAGOU, s`est félicité de la nouvelle dynamique que connaît le secteur des Entreprises Publiques et a tenu à saluer la nouvelle approche adoptée par l`Etat pour soutenir les différents secteurs économiques et faire aboutir les projets d`investissement publics. M. SAGOU a, en outre, émis le souhait de consacrer un numéro spécial de la publication de la CFCIM aux avancées réalisées au niveau du secteur public marchand.