Dans le cadre des actions de coopération entre les Inspections Générales des Finances marocaine et Française, une rencontre a eu lieu le 24 octobre 2008 au sein du Ministère de l`Economie et des Finances. Elle a réuni de hauts responsables des deux institutions. A l`ouverture de cette manifestation, Monsieur abdellatif Bennani, Inspecteur Général des Finances, s`est félicité de la qualité de la coopération engagée entre les deux Corps d`IGF Marocain et Français, qui a ouvert la voie à un débat fructueux autour des réformes les plus importantes des Finances Publiques dans les deux pays.La première intervention portant sur: « le rôle de l`IGF et ses orientations stratégiques » a été faite par M. Jean BASSERE, Chef du Service de l`IGF en France et ancien Secrétaire Général du Ministère Français de l`Economie, des Finances et de l`Industrie et ancien Directeur de la Comptabilité publique au sein de ce Ministère. Galerie Photos Selon  M. BASSERE, les missions de l`IGF s`articulent autour de trois axes : le  contrôle et la lutte contre la fraude; l`audit d`organisation, de procédures, de projets et de politiques publiques ; le conseil stratégique et la prospection sur les grandes problématiques publiques qui représente 55% de l`activité de l`Inspection.  Trois modalités d`intervention cadrent ces missions. Il s`agit de :missions exclusivement confiées à l`IGF ; missions conjointes avec d`autres corps de contrôle ; missions d`assistance et d`appui. L`IGF française compte 130 agents dont 50 inspecteurs juniors, 50 seniors et 30 agents d`appui, et se caractérise par une diversité des profiles et un grand essaimage dans des activités externes (70%) et dans le secteur privé (56%). Quant aux principales orientations stratégiques de l`IGF française, elles s`articulent autour des points suivants :Conserver un champ d`action diversifié ; Continuer à être leader dans l`aide à la décision publique ; renforcer la professionnalisation du service d`inspection ; Demeurer l`un des meilleurs viviers des cadres à haut potentiel de l`Etat ; S`orienter vers un service de conseil stratégique. M. Yvon OLLIVIER, Inspecteur des Finances et ancien Directeur des Impôts en France, a présenté par la suite le deuxième exposé sur : « la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) : objectifs, méthodes, pilotage, l`exemple de la RGPP au Ministère des Finances ».Considérée comme une démarche novatrice d`analyse des politiques publiques, la RGPP constitue selon M. OLLIVIER, le chantier le plus important au cours des dernières années. Elle se fixe trois objectifs :l`assainissement des Finances Publiques ; le recentrage de l`Etat sur ses fonctions essentielles ; l`amélioration des services fournis aux usagers. M. ALLOIVIER a également souligné que la RGPP doit permettre de prendre des décisions structurantes en matière d`action publique, en donnant aux pouvoirs publics les moyens techniques de choisir, dans chaque domaine, une stratégie d`évolution.Actuellement, 24 équipes d`audit interviennent dans le cadre de la RGPP sur un champ d`action couvrant d`une part, les politiques d`intervention et d`autre part, l`appareil productif de l`Etat.L`intervention afférente au: « CIAP: missions, méthodes et rôle de l`IGF » a été faite par M. Pierre LUBEK, Inspecteur général des Finances. Le Comité Interministériel d`Audit des Programmes (CIAP), est un organisme d`audit interne à l`administration. Il est composé de 14 membres, chaque ministre désignant l`un d`eux au sein des corps et services d`inspection et de contrôle qui lui sont rattachés.Les missions et les modalités de fonctionnement du CIAP ont été définies par la circulaire du 4 juillet 2003. Deux missions principales sont assignées au CIAP, précise M. LUBEK : En amont du dépôt des projets de lois de finances au Parlement, le CIAP contrôle la qualité des programmes que les ministres proposent à celui chargé du Budget et à la Réforme Budgétaire. Ces "audits initiaux" lui sont transmis dans le cadre de la validation du processus de la loi de finances. L`année qui suit l`exécution budgétaire, avant le dépôt au Parlement de la Loi de Règlement, le CIAP procède à l`audit des rapports annuels de performance (RAP) remis par les ministères. Il garantit la fiabilité des résultats et l`objectivité des commentaires qui les accompagnent.La dernière intervention de ce séminaire a porté sur la modernisation des IGF française et marocaine et a été présenté par  M. Eric GISSLER, Inspecteur Général des Finances, qui a mis en avant l`évolution de la coopération entre  les deux IGF, canalisée par l`ADETEF. Il a souligné l`importance de la professionnalisation du service d`inspection et la nécessité de moderniser son mode de management.Les débats au cours de cette rencontre ont essentiellement porté sur les points suivants : la mutualisation des compétences et les missions conjointes ; les spécificités de l`audit de performance ; l`orientation de l`IGF vers un service de conseil ; l`impact des RGPP sur les indicateurs de performance ; la méthodologie d`évaluation des politiques publiques.