Monsieur Salaheddine MEZOUAR, Ministre de l`Economie et des Finances, a présidé le Mardi 15 juillet 2008 les travaux du Conseil National du Crédit et de l`Epargne qui a tenu sa deuxième réunion au siège de Bank Al-Maghrib à Rabat. Ont participé à cette réunion Monsieur Abdellatif JOUAHRI, Gouverneur de Bank Al-Maghrib, les représentants des établissements de crédits et des principaux secteurs économiques, ainsi que d`autres personnalités du monde de l`économie et des finances. Au début de son intervention, Monsieur le Ministre a passé en revue l`évolution récente de la situation économique et financière et ses perspectives. Il a souligné, à cet égard, que la croissance mondiale devrait marquer en 2008 et 2009 un ralentissement notamment aux Etats-Unis et dans les pays de la zone Euro en raison de la crise du secteur immobilier et des turbulences financières. Dans les pays émergents et les pays en développement la croissance devra rester vigoureuse quoiqu`en léger retrait par rapport à 2007. Galerie Photos Monsieur le Ministre a indiqué, qu`en dépit de cet environnement international défavorable, notre économie s`est maintenue sur un sentier de croissance durable. En effet, le taux de croissance a poursuivi son évolution en 2007 à un rythme satisfaisant de 2,7 %, malgré le recul drastique de la production agricole de 20,8 %. Cette croissance s`est réalisée dans un cadre de préservation des équilibres fondamentaux avec la réalisation pour la première fois d`un excédent budgétaire de 0,3% du PIB, la baisse significative de la dette publique de 4 points du PIB et la maitrise de l`inflation à 2%. Il a ajouté que ces tendances macro-économiques satisfaisantes devraient se consolider davantage en 2008 et 2009, en dépit de l`amplification des chocs exogènes liés notamment à la poursuite de la flambée des prix du pétrole. L`économie marocaine devrait réaliser une croissance de 6,8% en 2008 et 6% en 2009 grâce à la poursuite de la dynamique des secteurs non agricoles et de la vigueur de la demande d`investissement. En matière des finances publiques, Monsieur le Ministre a fait savoir que l`exercice 2008, malgré les fortes contraintes exogènes et l`impact du dialogue social, devraient se solder par un déficit budgétaire en ligne avec les prévisions de la loi de finances, soit 3 % du PIB, et sans impacter les dépenses prévues pour l`investissement. Cette maîtrise du déficit a été permise grâce notamment à la bonne performance des recettes fiscales et aux mesures prises récemment par le gouvernement. Au niveau des échanges extérieurs, le compte courant de la balance des paiements devrait être maintenu en 2008 à un niveau proche de l`équilibre. Au terme de ce chapitre, M. le Ministre a souligné que, grâce aux réformes structurelles et aux politiques sectorielles mises en place, notre économie a subi des mutations qualitatives lui permettant d`absorber les chocs tant endogènes qu`exogènes et de s`adapter à un environnement international mouvant et instable. Monsieur le Ministre a noté, toutefois, que ces avancées bien que remarquables ne doivent pas pour autant occulter la persistance de certaines fragilités ayant trait notamment à l`aggravation de notre déficit commercial, à la progression importante des charges de la compensation ou à la faible croissance de certains secteurs. Ces fragilités imposent la vigilance et la nécessité d`élargir et d`accélérer les réformes rendues nécessaires par le nouveau contexte international. Il a indiqué, à cet égard, que la situation en 2008 qui sera marquée par des charges de la compensation supérieures aux dépenses d`investissement ne peut se projeter durablement dans l`avenir sans remettre en cause nos équilibres et notre capacité à construire l`avenir. Aussi, a t-il souligné la nécessité d`une réforme en profondeur de notre système de subvention des prix de manière à ce que ces subventions ne bénéficient qu`aux couches sociales les plus démunies. Dans le même ordre d`idées, il a indiqué que le gouvernement compte engager dans les meilleurs délais les deux réformes essentielles présentées récemment à SA MAJESTE LE ROI concernant les nouvelles politiques visant à renforcer notre sécurité alimentaire et réduire notre dépendance énergétique. Il a, à cet égard, signalé que la nouvelle politique énergétique bénéficiera du soutien financier du fonds doté d`un milliard de dollar créé sous les Hautes Instructions de SA MAJESTE LE ROI. A ce titre, il a exhorté la communauté bancaire à accompagner ces nouvelles politiques sectorielles qui apportent la visibilité nécessaire pour l`émergence de nouveaux acteurs et la création de richesses et d`emploi Par ailleurs, M le Ministre a indiqué que ces performances ont été aussi obtenues grâce à la contribution fondamentale du secteur financier qui n`a pas cessé de croître ces dernières années comme en témoignent les résultats enregistrés en 2007, notamment, l`expansion sans précédent des crédits accordés à l`économie, l`amélioration des conditions de financement et le développement de la Bourse des Valeurs de Casablanca qui a enregistré en l`espace de deux ans et demi 24 nouvelles introductions. Monsieur le Ministre a, par la suite, énuméré les progrès accomplis en 2007 dans la mise à niveau de notre cadre légal et réglementaire. Il a cet égard cité, notamment, l`adoption de la loi contre le blanchiment des capitaux, la présentation au parlement du projet de loi sur la titrisation des créances, la finalisation et l`entrée en vigueur du règlement général du CDVM qui renforcera les pouvoirs de contrôle de cette instance et la mise dans le circuit d`adoption des projets de loi relatifs au marché à terme et à la gestion du portefeuille pour le compte de tiers. Abordant les perspectives du secteur financier, Monsieur le Ministre a fait part de l`ambition du Gouvernement d`accélérer sa modernisation dans le cadre d`une vision à moyen terme qui s`articule autour de cinq principaux axes, à savoir : (i) l`amélioration des mécanismes de financement de l`économie nationale ; (ii) l`approfondissement des marchés des capitaux ; (iii) la recherche et le développement de synergies entre les entités publiques de notre secteur financier ; (iv) la consolidation de l`ouverture financière de notre pays et (v) et le renforcement de la régulation de notre secteur financier. En matière d`amélioration des mécanismes de financement de l`économie, Monsieur le Ministre a fait connaitre l`intention du Gouvernement de revoir le système national de garantie et de réexaminer l`ensemble des mécanismes financiers de soutien et d`accompagnement des très petites entreprises et des PME. Il s`est, en outre, félicité des niveaux de professionnalisme et de maturité atteints par le secteur du micro-crédit, et a indiqué que le gouvernement a engagé une étude sur la transformation institutionnelle des associations de micro-crédit en vue de leur permettre de répondre aux besoins de la clientèle et de mobiliser les ressources financières nécessaires à leur activité. En matière d`approfondissement des marchés des capitaux, Monsieur le Ministre a fait savoir que le Gouvernement est déterminé à activer l`adoption et la mise en oeuvre des réformes déjà engagées concernant particulièrement la titrisation, le marché à terme, la gestion pour compte de tiers, ainsi que le parachèvement du dispositif de la lutte contre le blanchiment de capitaux. Il a également indiqué que le Gouvernement est déterminé à mener à bien les travaux d`élaboration d`un code monétaire et financier en vue de donner la visibilité nécessaire aux investisseurs et aux opérateurs tant nationaux qu`étrangers. En matière de développement des rapports entre les diverses entités financières du secteur public, Monsieur le Ministre a indiqué que l`objectif du Gouvernement consiste à développer les synergies possibles pour permettre à ce secteur une meilleure contribution à la mobilisation de l`épargne et à son allocation optimale tout en prenant en considération les stratégies sectorielles évoquées et la nécessité de la complémentarité avec le secteur privé. Il a mentionné, à cet égard, la proposition du Gouvernement d`élargir les possibilités d`ouverture du capital du Crédit Agricole et de la Banque Centrale Populaire tout en créant une filiale du Crédit Agricole pour distinguer entre l`activité commerciale et celle appuyée par l`Etat. Dans ce même cadre il a signalé le lancement de la réflexion pour la modernisation et la professionnalisation des services financiers de Barid Al-Mghrib. En ce qui concerne la consolidation de l`ouverture financière de notre pays sur l`extérieur Monsieur le Ministre a indiqué qu`elle repose sur trois piliers complémentaires à savoir : La nécessité du repositionnement stratégique de notre pays sur l`échiquier régional ; L`intégration financière des pays du Maghreb ; La nécessité de la consolidation de la libéralisation et de l`ouverture de notre économie sur l`extérieur de façon générale, à travers notamment la libéralisation du compte capital et d`une plus grande flexibilité du taux de change du dirham. Il s`agit-là d`objectifs à moyen terme, a-t-il indiqué. Enfin, concernant le 5ème axe relatif à la supervision de notre secteur financier, M. le Ministre a annoncé la volonté du Gouvernement de doter le secteur des assurances d`une autorité indépendante en vue de renforcer la supervision du secteur et se conformer aux standards internationaux en la matière. En ce qui concerne le CDVM, il a exprimé la volonté du Gouvernement de le doter de l`indépendance totale et de renforcer ses moyens humains et matériels pour accompagner le développement du marché des capitaux et de la Bourse de Casablanca. Pour ce qui est de la Bourse des valeurs de Casablanca, il pense que le moment est venu pour faire évoluer son statut en retenant comme première étape la diversification de son actionnariat. Monsieur le Ministre a, à cette occasion, exprimé sa volonté de veiller à l`intégrité et à la transparence de notre marché des capitaux et a renouvelé sa confiance aux opérateurs de ce secteur. Monsieur le Ministre a conclu son discours en mettant en exergue la contribution majeure du CNCE pour la mise en place des grands chantiers de réforme du secteur financier annoncés. Il a, à cet égard, souligné la nécessité de renforcer davantage son rôle consultatif, et ce, compte tenu de sa composition qui englobe l`ensemble des acteurs de l`économie marocaine. M. le Ministre a ensuite proposé au CNCE une liste de thématiques à inscrire dans son agenda. A la fin de la séance, Monsieur le Ministre de l`Economie et des Finances a adressé au nom des participants un télégramme de fidélité et d`attachement à SA MAJESTE le ROI MOHAMMED VI QUE DIEU L`ASSISTE.