Le Ministre de l`Economie et des Finances a donné, le 11 juillet 2008, une conférence de presse à laquelle ont assisté les représentants de la quasi-totalité de la presse nationale et quelques organes de la presse internationale. Lors de cette rencontre avec les médias, M. Mezouar a dressé un bilan de la situation économique et financière du Maroc et a donné un aperçu sur le processus d`exécution de la loi de finances 2008 ainsi que sur les perspectives à l`horizon 2012. Evolution de l`économie marocaine Au début de son intervention, Monsieur le Ministre a attiré l`attention sur les éléments de rupture qui ont caractérisé l`économie marocaine lors de ces dernières années. Le premier élément de rupture cité à cet égard, se manifeste à travers l`indépendance de plus en plus prononcée du PIB par rapport aux conditions climatiques. Les secteurs non agricoles connaissent depuis cinq années, une croissance d`environ 6%, croissance rendu possible grâce à l`émergence de nouveaux secteurs se référant notamment à la téléphonie, aux activités financières et d`assurances, au tourisme et aux BTP. Ces secteurs représentent environ 23% du PIB contre 14% il y a cinq ans. Galerie PhotosLa maitrise de l`inflation constitue également un autre élément de rupture. M.le Ministre estime que le Maroc pourrait être considéré comme un des rares pays qui ont pu maitriser l`inflation, en dépit d`un contexte international caractérisé par la cherté des matières agricoles de base et de la facture pétrolière. Pendant les dix dernières années (1996-2007), le taux d`inflation moyen se situe à environ 1,8%, alors qu`il était de l`ordre de 6,2% entre 1990 et 1995. L`explosion des crédits bancaires, qui ont été multipliés par huit entre 2001 et 2005, est considérée également comme étant un élément de rupture. Pour M. le Ministre, cette évolution dénote de la capacité du système bancaire marocain à accompagner la dynamique de l`investissement. En témoigne d`ailleurs, l`évolution des taux d`intérêt dont la baisse a été très significative : situé à environ 13% en 1993, ce taux est aujourd`hui de l`ordre de 4%. L`excédent du compte courant pourrait être également inscrit parmi les éléments de rupture grâce à l`évolution positive des postes relatifs aux recettes touristiques, aux transferts des MRE et au revenu provenant de l`Investissement Direct Etranger. Le développement que connait l?économie marocaine se manifeste également à travers l?amélioration du revenu brut disponible par tête d?habitant. De 1998 à 2007, ce revenu a connu une croissance annuelle de l?ordre de 6,1%. Quant au taux de chômage national, il est passé de 13,9% en 1999 à 9,8% en 2007. En milieu rural, ce taux est aujourd?hui de 3,2%. Le chômage est surtout une problématique urbaine, comme il a été bien souligné par M. le Ministre: « Ce qui explique l?importance accordée par l?Etat aux politiques sectorielles, dans le but d?offrir plus d?opportunités d?emploi pour le milieu urbain et c?est là un autre élément de rupture », a souligné M. Mezouar. D`autres performances de l`économie marocaines ont été également relevées par M. le Ministre. On citera en particulier l`évolution favorable de l`encours de la dette extérieure et la maitrise du déficit budgétaire, grâce notamment à la forte progression des recettes fiscales. Sur cet aspect, M. le Ministre a noté que pour la première fois, les recettes provenant de l`IS ont dépassé celles de l`IR et que les revenus de la TVA progressent à des niveaux significatifs : " C`est là une évolution structurelle ", a précisé M. Mezouar. Par ailleurs, le travail accompli par l`Administration des Douanes en matière du contrôle de la valeur a permis aux droits de douanes de ne baisser que légèrement et aux recettes de la TVA provenant de l`importation d`augmenter, et ce en dépit du processus de démantèlement tarifaire actuellement en cours. Monsieur le Ministre n`a pas omis de souligner le rôle joué par les opérateurs économique dans la réalisation des résultats fiscaux. En effet la logique de transparence est de plus en plus adoptée par les investisseurs. M. le Ministre a souligné que l`évolution positive que connait l`économie marocaine est le résultat de réformes s`inscrivant dans le cadre d`une politique économique qui, à travers les grands chantiers et les politiques sectorielles, a permis au Maroc d`être moins exposé aux chocs extérieurs et d`augmenter sa résilience. Par ailleurs, les fragilités de l`économie marocaine ont également été présentées par M. le Ministre. Il s`agit de la faiblesse du rythme de croissance de certains secteurs, du creusement du déficit commercial, de l`ampleur des charges au titre de la compensation, ainsi que du poids de la masse salariale. Il a à cet effet souligné la volonté du Gouvernement de diversifier les marchés d`exportation et de revoir le système de compensation. Exécution de la loi de Finances 2008 Abordant l`aspect " Exécution de la LF 2008 " par les chiffres portant sur la période janvier-mai 2008, M. le Ministre a évoqué les pressions sur les dépenses dues à la charge de la compensation (notamment celle relative aux produits pétroliers), en soulignant d`un autre côté les performances réalisées en matière de recettes fiscales, ainsi que les efforts en matière de maitrise d`un certain nombre d`agrégats économiques. A cet effet, M.Mezouar a annoncé que l`actualisation des prévisions de la LF laisse entrevoir, pour l`année en cours, un taux de croissance comparable à celui des prévisions initiales, soit 6,8%, et un déficit budgétaire de l`ordre de 3% et ce, sans affecter les programmes d`investissement prévus par le Gouvernement dans le cadre de la LF actuelle. Il est à souligner qu`un intérêt particulier a été accordé par M. le Ministre au système de compensation, au sujet duquel un débat national doit être lancé. Celui-ci doit porter sur l`opportunité de maintenir ou non la compensation sous sa forme actuelle. M. Mezouar estime que la compensation doit être ciblée, pour réorienter une partie du budget qui lui est alloué vers l`investissement et le développement régional. En effet, de 0,9% du PIB en 2002, ce taux est passé à 5,5% en 2008, une évolution considérée comme inquiétante. L`objectif du Gouvernement étant de limiter le budget alloué à la compensation à 3% du PIB. En relation avec la hausse de la facture pétrolière qui a alourdi le budget destiné à la compensation, M. le Ministre a précisé que le Fonds de 800 millions de dollars, dernièrement constitué par les dons de l`Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis, a été consacré aux dépenses d`investissement réservées aux énergies renouvelables, dans le but étant de réduire la dépendance énergétique. Perspectives d`évolution pour l`année 2012 Concernant les perspectives pour 2012, les projections tablent sur une croissance moyenne de 6,3% et le maintien du déficit budgétaire à 3% du PIB, et ce grâce à la poursuite des réformes et à la promotion des investissements (rationalisation des dépenses publiques, maitrise du train de vie de l`Etat, élargissement de l`assiette fiscale et limitation des charges de la compensation). En savoir plus: