Vision stratégique, intégration, interopérabilité, évolution, fluidité, sécurité du système d`information, ouverture sur les autres réformes et une bonne conduite du changement ont été les principaux mots d`ordre soulignés par les différents participants au débat ouvert par le MFP le 11 mai 2007Introduisant le débat  auquel ont pris part des responsables de l`administration et des experts marocains et étrangers, M. Fathallah OUALALOU, Ministre des Finances et de la Privatisation a placé le rôle des systèmes d`information (SI) au c?ur des préoccupations de « l`optimisation et la modernisation de la gouvernance de la chose publique en général et de la dépense publique en particulier ».L`implémentation des SI, a t-il souligné, est « l`un des chantiers les plus porteurs dans le processus de modernisation de l`administration publique ». Elle « cristallise l`essence de la réforme de l`Etat, dans la mesure où une gestion efficace, transparente, et optimale des deniers de publics, constitue la condition première pour un service équilibré et équitable au profit de la communauté » a-t-il expliqué.Le souci de la bonne gouvernance des dépenses publiques a-t-il ajouté, se traduit dans la réalité à travers les réformes lancées depuis quelques années par le ministère, en rappelant  qu`elles tentent d`apporter « une réponse, aussi simple que profonde à la contrainte qui pèse sur les finances publiques, celle d`optimiser la gestion des ressources publiques ». Ainsi, comme l`a souligné M. Fathallah OUALALOU, « le meilleur ciblage de l`allocation des ressources publiques se trouve à l`origine de la nouvelle approche budgétaire axée sur les résultats ». Parallèlement, l`adoption «du Cadre de Dépense à Moyen Terme» impulsera le renouvellement de la programmation budgétaire et aura le mérite, comme l`a souligné M. le ministre, de renforcer la cohérence des différentes politiques sectorielles et leur déclinaison dans le budget conformément aux orientations stratégiques du Gouvernement. A ces deux grands chantiers, s`ajoute la réforme du contrôle de la dépense publique. Par l`introduction du « contrôle modulé de la dépense » et le « renforcement des capacités de gestion des ordonnateurs » cette réforme vise à allier l`allégement du contrôle a priori à la recherche de la performance. Dans ce cadre, fait observé M. le Ministre, le recours à l`implantation de systèmes intégrés de gestion des ressources permettra indéniablement de faciliter la tâche d`auto -contrôle de l`ordonnateur et donc d`alléger le contrôle. Par ailleurs, à travers la mise en ?uvre du système d`information «Gestion Intégrée de la Dépense » (GID), le rythme  d`exécution des programmes du Gouvernement s`accélérera, a ajouté M. F. OUALALOU. Toutefois,  l`utilisation efficace et efficientes » de ces systèmes d`information dans les différents projets sont conditionnées par « une refonte de nos modes d`organisation et de gestion afin d`accompagner les mutations qu`ils introduisent dans » les « métiers » et impliquent « un changement profond de culture et des mentalités », a tenu à préciser M. le Ministre. Associé à cette journée de réflexion, M. Mohammed BOUSSAID, Ministre de la Modernisation des Secteurs Publics a placé sa réflexion dans le cadre de la modernisation par l`usage des technologies de l`information. Dans ce sens, et en rendant hommage au MFP, il a souligné le rôle important que joue ce ministère dans le projet « e-Gov » en indiquant que le développement de l`e-administration et la mise en place d`une large réforme budgétaire, à travers toutes les initiatives liées à l`élaboration, l`exécution et le contrôle budgétaire, constituent des preuves de la volonté d`améliorer la performance et la gestion publiques en général et celles des finances publiques en particulier. En appelant à la mutualisation des efforts dans une démarche transverse et au partenariat public-privé pour accélérer le processus d`implémentation d`un système d`information intégré, M. Le Ministre de la Modernisation des Secteurs Publics a  rappelé que la réussite d`une telle oeuvre est conditionnée par l`existence d`une vision globale et partagée, et de la disponibilité des ressources humaines à même de mettre en oeuvre ce système d`information. En outre, il a fait remarqué que « La volonté de maîtrise des dépenses publiques, et l`enjeu d`offrir des services de plus grande qualité à moindre coût, restent indissociables».Cette volonté a été confirmée par les témoignages apportés par deux directeurs centraux de l`administration marocaine : M. Omar FARAJ et M. Mostafa KHIEDRI, respectivement Directeur des Affaires Administratives et Générales au MFP et Directeur des Affaires Financières au Ministère de l`Intérieur. En exposant leurs expériences, ils ont permis aux participants de constater la prise de conscience effective de l`importance de la mise en place d`un système intégré de gestion des dépenses publiques et que la mutualisation des expériences est désormais une pratique en usage dans notre administration et usité dans un souci de rationalisation des dépenses publiques. Ils ont aussi mis l`accent dans leurs témoignages sur le fait que ces systèmes d`information répondent aux règles de bonne gouvernance. Qu`ils assurent la traçabilité et le reporting et qu`ils internalisent les règles de contrôle. Ce qui a été démontré par une présentation en temps réelle faite par l`équipe de la DAAG sur le système intégré de la gestion budgétaire et comptable (SIGBC).De son côté, M. A .BENBRIK, Inspecteur Général des Finances, a précisé que « dans le cadre de la gestion des finances publiques, un système d`information doit permettre la prise en compte des différentes phases du processus budgétaire : la prévision budgétaire, l`exécution des autorisations budgétaires et la confection du compte administratif ». Ce système, a-t-il ajouté doit intégrer les principes du contrôle interne. A terme, a précisé M. A.BENBRIK et avec la mise en place de la réforme du contrôle de la dépense publique,  l`ordonnateur aura la possibilité d`internaliser le contrôle des engagements, de renforcer la sécurité et l`efficience et  d`optimiser la performance de la dépense publique au moyen d`une organisation interne appropriée et d`un système d`information fiable.A cet effet, des audits pour la certification des capacités de gestion de certains  ordonnateurs ont été menés par l`IGF. Les premiers enseignements de ces audits et qui concernant la gestion de l`information ont été exposé lors de ce débat en terme de points forts et points faibles. Ils dénotent d`une prise de conscience des ordonnateurs de l`importance de l`usage des SI mais ils soulignent aussi une insuffisance au niveau de l`intégration, de la documentation des process et de la formation. Enchaînant sur la réforme du contrôle de la dépense publique, M. GUIRI, Directeur Adjoint à la TGR a explicité le Contrôle Modulé de la Dépense en revenant sur ses objectifs, ses principes directeurs. La rationalisation du processus de la dépense avec comme corollaire : la sécurité et la transparence des opérations financières, qui ne doivent pas pâtir de la recherche d`efficacité  sont là les principaux objectifs retenus de l`intervention de M. GUIRI. Toutefois, l`adoption du contrôle modulé de la dépense ne signifie nullement la renonciation au contrôle, mais son implantation là où il est le plus légitime et le plus efficace, c`est-à-dire au c?ur de la gestion des ministères a-t-il souligné. Il concerne aussi bien  la phase d`engagement que la phase de paiement, sa mise en place est progressive de manière à aboutir à terme à l`internalisation du contrôle de régularité au niveau des services gestionnaires.L`évaluation de la capacité de gestion des services ordonnateurs à prendre en charge le contrôle et la maîtrise des risques de gestion, notamment en terme  d`organisation, outils, système d`information et modes de fonctionnement des services ordonnateurs est citée par M. GUIRI comme l`un des piliers principaux du dispositif de contrôle modulé de la dépense. La réussite d`une telle réforme, précise t-il, demeure toutefois tributaire de l`adhésion des services gestionnaires, d`une synchronisation parfaite entre les différents chantiers de la réforme,d`une véritable articulation avec l`ensemble des autres réformes de modernisation de l`administration publique. Elle demeure également tributaire de la mise en place et du déploiement d`un véritable plan de conduite du changement (plan de formation, plan de communication?).Lors de ce débat l`expérience étrangère a été rapprochée par le cas français. Tout d`abord, par M. D. Brussel de l`ADTEF qui a souligné, dans son intervention, que le pôle des systèmes d`information constituent un pôle structurant dans le cadre de la modernisation de l`administration française. Parlant du cas marocain, il a remarqué que la réforme de la dépense publique  en cours est complexe et touche à toutes les dimensions de la gestion. Un effort de formation sur les nouvelles procédures et le contrôle interne conditionne la réussite de cette réforme ainsi qu`un partage des bonnes pratiques entre les différents départements ministériels. Dans ce sens, il a signalé la création d`un forum de performance qui rassemblera les différents gestionnaires de la dépense publique.Ensuite, M. Philippe Baron, Directeur Général de « Valutis » bureau d`étude spécialisé dans la modernisation du secteur public en intervenant sur « le passage d`un contrôle a priori à un contrôle a posteriori par la mise en place de la LOLF » a insisté sur la nécessité d`avoir une vision stratégique, le renforcement des capacités des ordonnateurs et la conduite du changement. Ce débat qui a été soutenu par le secteur privé en l`occurrence la société « Involys », concepteur du progiciel utilisé par le MFP, en tant que partenaire officiel et  Microsoft, a été l`occasion d`apporter les enrichissements nécessaires pour un thème qui se place au centre du développement actuel de l`Administration Publique au Maroc et de faire connaître les avancées réalisées au sein du MFP qui se propose de mutualiser son expérience. Pour plus de détails veuillez consulter :