Le Ministre de L`Economie et des Finances, M. Salaheddine MEZOUAR, a fait un exposé devant le Conseil du Gouvernement, lors de sa réunion du jeudi 18 septembre 2008, dans lequel il a passé en revue les évolutions récentes de l`économie nationale et de l`environnement international. A cet égard, M. MEZOUAR a souligne qu`après plusieurs années de forte croissance, l`économie mondiale se trouve aujourd`hui confrontée à de sérieux défis en termes de maintien du rythme d`expansion observé ces dernières années, de maîtrise des turbulences financières et de correction des déséquilibres mondiaux, aussi bien ceux relatifs aux dimensions macroéconomiques que ceux relatifs aux prix élevés des produits énergétiques et des produits alimentaires de base. Il a précisé à ce sujet que d`importants effets d`entraînements liés à la crise des prêts hypothécaires et des turbulences financières aux Etats-Unis se sont propagés aux autres économies développées, et se sont traduites par une chute des principales bourses mondiales. Il a par la suite précisé que notre pays est à l`abri de la crise des subprimes pour plusieurs raisons dont le fait que le secteur financier ne détient pas de titres ou de créances sur des institutions financières ou des fonds d`investissement internationaux affectés par les subprimes. De même que les crédits immobiliers distribués au Maroc sont assortis, en majorité, d`intérêts fixes, avec la possibilité pour les bénéficiaires de crédits à taux variables d`opter pour la fixation de ces taux dans des conditions réglementées et prévisibles. En outre, la situation financière des établissements bancaires marocains s`est considérablement améliorée ces dernières années, grâce notamment au renforcement de la supervision bancaire en général et à l`assainissement du secteur financier public en particulier. Il est vrai, a souligné M. MEZOUAR, que le renchérissement des produits énergétiques et alimentaires a eu des répercussions sur notre balance des paiements et nos finances publiques. Cependant, et grâce au soutien de l`Etat à travers la compensation des prix de ces produits, le contrecoup de ce renchérissement n`a pas eu d`impact sur le pouvoir d`achat de nos concitoyens, ni sur les facteurs de production. En effet, le PIB réel s`est apprécié respectivement de 7% et 6,7% en glissement annuel, au terme des deux premiers trimestres de 2008, ce qui devrait permettre d`enregistrer un taux de croissance de 6,8% au terme de l`année. Cette tendance prend appui sur un certain nombre d`évolutions positives attestant de la bonne tenue des fondamentaux de notre économie. A cet égard, M. MEZOUAR a évoqué notamment l`amélioration de la production céréalière, la bonne orientation de l`activité à l`export du secteur minier, l`orientation favorable de l`activité énergétique, la poursuite de la vigueur du BTP; la croissance soutenue au niveau des industries de transformation, et la tendance haussière de l`activité du secteur des télécommunications. L`effort d`investissement, quant à lui, se poursuit à une cadence soutenue avec la progression des importations des biens d`équipement industriel ainsi que la validation de 23 projets d`investissement par de la Commission interministérielle des investissements, portant sur un montant global de 16,1 milliards de dirhams. Dans ce contexte, la FBCF devrait augmenter de près de 12%, portant le taux d`investissement à 32% en 2008. Au vu de ces évolutions, a souligné M. MEZOUAR, la baisse de la Bourse de Casablanca, notamment au cours des deux premiers jours de cette semaine, ne reflète en aucun cas les fondamentaux de notre économie.  Cette baisse ne peut non plus être attribuée à une quelconque contagion des perturbations que connaissent les grandes Bourses mondiales. En effet, les fondamentaux de l`économie marocaine comme ceux des entreprises cotées en bourse sont bons et solides. D`ailleurs, les entreprises cotées en bourse ont enregistré un bénéfice net en 2007 en progression moyenne de 30%, et le marché anticipe une augmentation de plus de 20% en 2008. En conséquence, la correction de l`ordre de 12% intervenue au mois de septembre courant reste marginale par rapport à la performance cumulée du marché. M. MEZOUAR a également précisé que la Bourse a connu des corrections similaires de 16,5% au cours du mois de mai 2007, et de 19% au cours du même mois de l`année 2006 et a conclu qu`un marché qui ne fait qu`augmenter n`est pas forcément un marché sain. En revanche, la baisse intervenant après plusieurs hausses traduit la maturité d`un marché qui s`ajuste selon les règles de l`offre et de la demande. Monsieur le Ministre a également souligné qu`il n`a été relevé aucun désengagement de la part des investisseurs étrangers. D`ailleurs, la plupart des investissements de portefeuilles des non résidents ont un caractère plutôt stratégique, et le flottant détenu par les étrangers et les MRE ne représente que 1,8% de la capitalisation boursière à fin décembre 2007. Enfin, Monsieur le Ministre a souligné qu`après la correction intervenue au début de cette semaine, notre marché boursier s`apprête à renouer avec une tendance plutôt positive. En effet, le marché s`est stabilisé au cours de la journée du 17 septembre tout en drainant un volume significatif de transactions qui a atteint près de 1,3 milliard de DH et qui a impliqué cette fois-ci des institutionnels. Par ailleurs, il est prévu que les indices de la Bourse enregistrent au terme de l`année en cours une augmentation se situant entre 10 et 15%.