Une mission du Fonds monétaire international (FMI) conduite par M. Mark Lewis a séjourné à Rabat du 19 au 30 mai 2008 pour procéder aux consultations de l`année 2008 au titre de l`Article IV des statuts du FMI.  A l`issue de la mission, le FMI a publié la déclaration suivante : « La mission a revu l`évolution économique récente et s`est entretenue de la stratégie du gouvernement pour accélérer la croissance économique et améliorer les revenus et l`emploi. La mission a eu des discussions avec les hauts responsables du gouvernement, de la banque centrale, ainsi que du parlement, des représentants du secteur privé et des syndicats. « Les résultats économiques récents ont été encourageants et témoignent de la résilience de l`économie marocaine. La croissance du PIB non agricole a atteint 5½ % en 2007, même si la croissance globale a ralenti à 2,2 % en 2007 suite à la forte contraction de la production céréalière. L`inflation des prix à la consommation qui a augmenté à 3,7 % à fin avril 2008 par rapport à fin avril 2007 reste relativement faible, reflétant en partie l`absence d`ajustement des prix administrés depuis le début de 2007. La balance des paiements reste solide, et le budget a été proche de l`équilibre en 2007, contre un déficit de 2 % du PIB enregistré en 2006. L`encours de la dette publique a été ramené à 55 % du PIB, contre 58 % en 2006 et 62% en 2005. « D`importants progrès ont été réalisés ces dernières années en matière de stabilité de l`environnement macroéconomique, de résilience de l`économie aux chocs et de renforcement de la position budgétaire. Cependant, la flambée des cours internationaux du pétrole et de certaines matières premières a entraîné un alourdissement important des charges de la compensation. L`amélioration notable de la position budgétaire au cours de ces dernières années permet, à court terme, d`absorber cette augmentation des dépenses sans compromettre la stabilité macroéconomique. Il convient de saluer l`intention des autorités à moyen terme de transformer progressivement le système actuel de subventions en améliorant leur ciblage en faveur des populations défavorisées. « Bank Al Maghrib (BAM) a bien géré la vigueur de la demande intérieure. Le niveau de l`inflation reflète largement l`impact de phénomènes exogènes, et la mission considère que l`orientation de la politique monétaire reste appropriée dans la conjoncture économique actuelle. Les décisions de politique monétaire pourraient s`avérer plus difficiles dans la période à venir et la mission a pris bonne note de la détermination de BAM à maintenir la stabilité des prix. Le régime de change, basé sur le rattachement du dirham à un panier composé de l`euro et du dollar, a contribué à la stabilité macroéconomique. Les analyses de la mission suggèrent que le niveau du taux de change est en ligne avec les fondamentaux économiques. « Le secteur bancaire est solide et résistant aux chocs. Bien que le secteur financier marocain n`ait guère souffert des perturbations qui ont affecté les marchés financiers internationaux, il est important que l`ensemble des organismes de supervision restent vigilants afin de s`assurer que ce secteur dispose des capacités adéquates pour faire face à un environnement mondial plus volatile. « Une croissance économique durable et forte passe par la poursuite des réformes visant à améliorer la productivité de l`économie marocaine. La poursuite des réformes sectorielles notamment dans les secteurs de l`agriculture, de l`énergie et du commerce intérieur ainsi que la réforme de l`éducation et le renforcement des infrastructures et des services sociaux ont un rôle clé à jouer pour assurer l`augmentation de l`investissement, de la production et de l`emploi, et l`amélioration du revenu de la population. »