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Le débat sur la LF 2008 révèle la nouvelle vision de politique économique du MEF

29/01/2008
Le débat sur la LF 2008 révèle la nouvelle vision de politique économique du MEF

Renouant avec une habitude annuelle instaurée depuis quelques années, l`Association des Membres de l`Inspection Générale des Finances (AMIF) a réuni, le 29 Janvier 2008, d`éminentes personnalités (membres du Gouvernement, représentants d`institutions financières internationales, universitaires, chercheurs, députés et responsables et cadres des secteurs public et privé), pour débattre de la Loi de Finances 2008, motivée en cela par l`importance du débat dense et riche que cette Loi a dégagé et par le souci d`analyse et de participation à la communication autour de ladite Loi. Cette rencontre s`est déroulée en présence de M. Abdelaziz MEZIANE BELFKIH, Conseiller de Sa MAJESTE le ROI, M. Salah Eddine MEZOUAR, Ministre de l`Economie et des Finances, Mme Latifa ABIDA, Secrétaire d`Etat auprès du Ministre de l`Education Nationale, de l`Enseignement Supérieur, de la Formation des Cadres et de la Recherche Scientifique Chargé de l`Enseignement Scolaire, M. Abdelkébir ZAHOUD, Secrétaire d`Etat auprès du Minsitre de l`Energie, des Mines, de l`Eau et de l`Environnement, chargé de l`eau et de l`environnement , M. Mustapha EL KTIRI, Haut Commissaire aux Anciens Résistants et Anciens Membres de l`Armée de Libération, son excellence Mme l`Ambassadeure du Japon au Maroc, des représentants des institutions financières internationales (Banque Mondiale,...), de l`Union européenne, du secteur privé, des dirigeants des Entreprises publiques, des députés, des universitaires, des chercheurs, des directeurs et autres responsables du MEF.  La thématique retenue par l`AMIF pour le débat est : « La LF 2008 et les perspectives d`évolution des finances publiques ». Ce thème a été abordé en deux temps:La discussion du thème : « de la gestion des chocs vers une nouvelle politique de croissance », qui a connu la participation des responsables du Ministère de l`Economie et des Finances : MM. S. Mezouar, Ministre de l`Economie et des Finances, N. Bensouda, Directeur Général des Impôts, A. Bennani, Directeur du Budget, Z. Chorfi, Directeur du Trésor et des Finances Extérieures, M. Chafiki, Directeur des Etudes et des Prévisions Financières, M. A. Talbi, Directeur des Entreprises Publiques et de la Privatisation ; L`ouverture d`espaces d`échange et de dialogue avec des opérateurs économiques, des universitaires et des députés afin de recueillir leurs analyses, avis et réactions dans le cadre de « regards croisés sur la LF ». Ont pris part au débat M.M Moulay Hafid Alami, Président de la CGEM, L. Jaidi, et N. Akesbi, universitaires- chercheurs, et Mme Nouzha Lahrechi et M. K. Hariri, députés. Intervenant lors de cette journée d`étude, M. le Ministre de l`Economie et des Finances, a souligné de prime abord, et sur la base des bonnes performances économiques réalisées aussi bien en matière de recettes fiscales, d`investissement, de croissance...`, que « le développement économique n`assure pas systématiquement le développement et la promotion sociale ».Galerie Photo Assurer « une meilleure répartition des fruits de la croissance » en « excluant l`assistanat au profit de la promotion sociale, et une meilleure répartition des fruits de la croissance à travers une plus grande intégration des régions dans la stratégie de développement du Pays » se doit d`être l`objectif visé, a souligné M. le Ministre, ce qui impose une nouvelle approche de la politique économique. La préoccupation n`est plus « les équilibres macro-économiques ». « A la logique du simple maintien de ces équilibres et la logique comptable, qu`il faut préserver, il faut substituer la logique de croissance », a t-il ajouté. Les dones ont changé et le principal enjeu est de savoir «comment capter plus de valeur ajoutée à travers notre activité économique» et développer notre capacité à stimuler une croissance plus élevée et régulière dans une économie ouverte. M. le Ministre a noté que c`est notre capacité à innover et à renforcer le facteur de la différenciation de notre économie et de donner de la visibilité qui permettra d`assurer la forte croissance souhaitée. Pour se faire, et réagissant aux différentes interventions qu`il a qualifié de brillantes, il a attiré l`attention sur la nécessité de « savoir se poser les bonnes questions et les bonnes problématiques » pour une meilleure orientation des efforts et canalisation des énergies. La démarche à adopter est de « se fixer l`objectif d`une meilleure répartition des richesses et d`agir en conséquence ». A cet effet, et tout en mettant l`accent sur les exigences du contexte économique actuel, marqué par l`ouverture, la compétitivité et la nécessité d`une amélioration continue des recettes publiques, « l`action publique doit comprendre ces problématiques », être à « la quête de plus de valeur ajoutée », «orienter les ressources et les efforts vers les activités les plus rentables en termes de valeur» et faire émerger le potentiel latent non encore exploité. Dans le même ordre d`idées, M. MEZOUAR a fait entendre que l`importance des « dépenses de la compensation » ne doit pas poser de problème à condition de leur orientation « vers les bonnes cibles », ni l`accentuation du déficit budgétaire, si le creusement de ce dernier garantit la résorption des carences, encore persistantes, en matière d`éducation, de santé` et assure l`amélioration du pouvoir d`achat de la population. Notant que «la croissance générée sur les dernières années a profité tout au plus à 3 ou 4 régions», M. le Ministre préconise l`intégration des régions dans l`économie via des stratégies ciblées en matière régionale, afin de faire émerger des pôles économiques régionaux. Abordant les réformes engagées au sein du MEF, M. S. Mezouar a précisé, qu`elles seront poursuivies, mais à un rythme plus soutenu, notamment celles relatives au secteur financier, de manière à faire de Casablanca une place financière internationale. Concernant le réforme fiscale, il a recommandé un travail de fond. Ce travail devra tenir compte des problématiques d`ouverture, de compétitivité de l`économie nationale, et des nouvelles exigences des entreprises, tout en visant l`amélioration permanente des recettes fiscales. Le mot d`ordre lancé par M. le Ministre est d`adopter une logique de «gagnant/gagnant ». La réforme budgétaire n`a pas été en reste ni la gestion des entreprises publiques. La réforme Budgétaire Axée sur les Résultats, la globalisation des crédits, la contractualisation, la Réforme du Contrôle de la Dépense Publique et la mise en place du Contrôle Modulé, doivent être continuées afin d`assurer une «autonomie de gestion» tout en se plaçant dans une « logique d`investissement et non de dépenses », a précisé M. le Ministre. Ces réformes seront couronnées par celle de la Loi Organique des Finances qui sera engagée dans la perspective de la régionalisation.