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Tenue des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale

24/10/2007
Tenue des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale

Une délégation marocaine a pris part aux travaux des réunions du Comité du développement (CD) et du Comité monétaire et financier international (CMFI) ainsi qu`aux assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale qui se sont déroulés entre le 20 et 22 octobre 2007.Cette délégation a été conduite par M. Abdellatif JOUAHRI, Gouverneur pour le Maroc auprès du FMI, accompagné par M. Zouhair CHORFI, Directeur du Trésor et des Finances Extérieures, qui représentait M. Salaheddine MEZOUAR, Ministre de l`Economie et des Finances et Gouverneur de la Banque mondiale pour le Maroc. Cette délégation a participé à la cérémonie d`ouverture des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI, qui a été marqué, comme chaque année, par les importantes allocutions du Président des conseils des Gouverneurs des deux institutions, du président de la Banque mondiale et du Directeur général du FMI ainsi que du Président du Comité Monétaire et Financier International (CMFI) et du Président du Comité du Développement(CD). Par ailleurs, M. CHORFI a représenté le Maroc à la réunion du Comité du Développement tenue le 21 octobre 2007. Ce dernier est un Comité ministériel conjoint de la Banque Mondiale et du FMI ayant pour objectif essentiel l`examen des questions relatives au transfert de ressources réelles vers les pays en développement. L`ordre du jour de cette réunion du CD a porté sur : la stratégie à long terme du Groupe de la Banque mondiale,  le renforcement de l`aide et le rôle de l`agence internationale pour le développement (IDA), le rôle de l`IDA dans l`architecture de l`aide internationale, le renforcement de l`aide basée sur le modèle pays, le cadre d`investissement relatif à une énergie propre pour le développement, les biens publics mondiaux, le renforcement de l`engagement du Groupe de la banque mondiale avec les pays partenaires de la BIRD, l`Initiative d`allégement de la dette des Pays pauvres très endettés et l`Initiative d`allégement de la dette multilatérale, l`aide pour le commerce, le renforcement de la voix et la représentation des pays en développement et la collaboration entre la Banque mondiale et le FMI. Lors de cette réunion, M. CHORFI a fait part de la déclaration du Maroc qui représente le groupe de pays composé en plus du Maroc, de l`Afghanistan, de l`Algérie, de l`Iran, du Ghana, du Pakistan, et de la Tunisie. Dans cette déclaration, et tout en constatant le recul de l`activité de la Banque mondiale en 2006, le Maroc a mis l`accent sur la nécessité de redéfinir les orientations stratégiques de cette institution pour pouvoir remplir son mandat de coopérative de développement à l`écoute de tous ses membres de façon équitable et s`assignant comme objectif la lutte contre la pauvreté et la promotion de la croissance. Il a aussi indiqué que la Banque mondiale et l`ensemble des partenaires au développement doivent oeuvrer à ce que la mondialisation soit équitable en vue d`une meilleure répartition des fruits de la croissance mondiale, ce qui permettrait d`éviter les éventuelles tensions sociales pouvant avoir des conséquences néfastes sur le développement. Pour ce qui est de la stratégie à long terme du Groupe de la Banque mondiale et notamment les quatre domaines clés que la stratégie se propose de couvrir à savoir le renforcement du rôle de la Banque en Afrique subsaharienne, l`appui de la Banque aux Etats fragiles sortant de conflits, l`inclusivité dans les pays à revenu intermédiaire et la préservation des Biens publics mondiaux, le Maroc a rappelé dans sa déclaration que les engagements de la communauté internationale en matière, d`une part, de soutien financier et, d`autre part, de définition de stratégies concertées et adaptées aux besoins des pays en développement, n`ont pas encore été honorés. Il a été, en outre, signalé que pour ce qui est de l`Afrique subsaharienne, la Banque gagnerait à travailler de concert avec tous les partenaires du développement en vue de rationaliser l`architecture de l`aide qui souffre d`un manque d`efficacité. Concernant les pays à revenu intermédiaire, la Banque mondiale devrait, en plus des efforts visant à améliorer l`inclusivité par une répartition plus équitable des fruits de la croissance au sein de ces pays, renforcer son appui à ces pays dans la mesure où ces derniers abritent plus des 2/3 des pauvres de la planète, vivant avec moins de 2 dollars par jour. La Banque mondiale est également interpellée pour apporter des réponses à la question délicate de la dégradation des biens publics mondiaux. Cette menace continue de constituer une contrainte majeure aux efforts de développement pour l`ensemble de nos pays tant industrialisés qu`en développement. Le représentant du Maroc a, par ailleurs, souligné la nécessité d`une gestion plus rationnelle des biens publics mondiaux et régionaux vu la menace que présentent pour l`ensemble des pays les fléaux du changement climatique, des maladies transmissibles, du déséquilibre des structures mondiales du commerce et de la propagation des crises financières. Le Maroc a appelé le Groupe de la Banque à adopter des solutions innovantes permettant de redynamiser les activités de la BIRD et de l`IDA et d`améliorer leur performance. A ce titre, Il a proposé de faciliter l`accès au financement de la BIRD pour les pays à revenu intermédiaire n`ayant pas accès au marché financier international, et éventuellement pour les pays éligibles IDA susceptibles de rejoindre le groupe des pays à revenu intermédiaire. Parmi ces solutions innovantes, le Maroc a fait part de son soutien à l`orientation visant à octroyer des prêts sans garantie souveraine aux entités publiques et aux collectivités territoriales des pays membres et a appelé la Banque mondiale à innover notamment en matière d`instruments afin de répondre efficacement aux demandes de financement de projets à caractère régional et supranational et de permettre aux pays de faire face aux chocs exogènes tels la flambée des cours de pétrole et l`instabilité climatique ainsi que d`examiner la possibilité de mettre en place des mécanismes d`assurance adaptés notamment en matière de couverture des récoltes en cas de sécheresse. Par ailleurs, l`accent a été mis sur la nécessité de renforcer le rôle de la Banque mondiale en tant que " Banque du savoir ", pour faire face à la concurrence actuelle en matière de savoir et a insisté sur la nécessité de mettre à la disposition des pays membres une expertise de très haut niveau notamment par le recours à des compétences externes. S`agissant du renforcement de l`aide et du rôle de l`IDA, le représentant du Maroc a indiqué que le premier défi reste sans aucun doute l`augmentation de l`aide, en particulier en Afrique subsaharienne et dans les Etats fragiles où la communauté internationale devrait redoubler d`effort pour honorer ses engagements pris à l`occasion de plusieurs fora et réaffirmés récemment au sommet du G8 à Heiligendamm. Il a également précisé qu`afin d`atteindre les objectifs de développement du millénaire (ODM), les pays à faible revenu doivent, en plus de l`aide publique au développement qui reste la source majeure de financement, compter sur leurs performances économiques, accélérer leur croissance et accroître les investissements dans les domaines liés aux ODM notamment la santé, l`éducation, l`eau, l`assainissement et l`infrastructure. De même et compte tenu du fait que l`architecture de l`aide est devenue de plus en plus complexe avec une prolifération des donateurs, une fragmentation des flux de l`aide internationale et une part importante de l`aide liée à la réalisation d`objectifs tenant compte plus des priorités de chaque donateur pris séparément que des priorités des pays récipiendaires, le Maroc a appelé l`IDA à jouer un rôle essentiel en tant que plate-forme institutionnelle fédératrice catalysant les différentes formes d`aide pour une utilisation plus efficace en vue de la réalisation des ODM. De plus et afin d`améliorer l`efficacité de l`aide publique au développement, l`IDA devrait offrir une valeur ajoutée complémentaire par rapport aux autres sources d`aide, apporter un financement adéquat au niveau sectoriel, faire face aux défis globaux majeurs avec une priorité donnée au changement climatique et favoriser l`alignement et l`harmonisation. Le Maroc a enfin signalé que la réalisation de progrès dans les pays à faible revenu passe nécessairement par le renforcement de l`IDA en dotant cette institution de ressources financières stables et suffisantes notamment dans le cadre de la 15ème reconstitution des ressources. En marge de ces réunions, la délégation marocaine a eu des entretiens avec les responsables du FMI et de la Banque mondiale qui ont porté sur l`évolution récente de l`économie marocaine et l`état de la coopération avec ces institutions. La délégation marocaine a présenté aux équipes du FMI et de la Banque mondiale conduites respectivement par M. Amor Tahari, adjoint au directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale et Mme Daniella Gressani, Vice-président pour la région MENA, un aperçu sur les derniers développements au niveau de l`économie marocaine, en soulignant qu`en dépit d`un contexte moins favorable qu`en 2006 (poursuite de la hausse des cours du pétrole, flambée des prix des matière premières et sécheresse), l`économie marocaine reste bien orientée en 2007 grâce à la diversification sectorielle des sources de croissance qui ont renforcé l`autonomisation, observée ces dernières années, du PIB par rapport au aux aléas climatiques. Ainsi, la croissance du PIB non agricole a connu une hausse de 6,1% du PIB au 2ème trimestre 2007 traduisant une base plus diversifiée des activités productives, (BTP, Industries manufacturières, Tourisme, Télécommunications). Dans ce contexte, M. Chorfi a indiqué que pour l`ensemble de l`année 2007, les prévisions les plus récentes tablent sur (i) une croissance d`environ 2,5% malgré une mauvaise campagne céréalière, (ii) sur un déficit budgétaire contenu autour de 2% du PIB, (iii) une maîtrise de l`inflation à près de 2,2%, et (iv) un excédent du compte courant de la balance de paiements d`environ 1,5% du PIB. M. Chorfi a indiqué que la préparation de Loi de finances pour l`année 2008 intervient dans un contexte marqué par des contraintes liées notamment à la flambée des cours du pétrole et des prix des produits agricoles. Pour leur part, les services du Fonds et de la Banque mondiale ont exprimé leur satisfaction quant aux performances enregistrées par l`économie marocaine en 2006 et au cours des premiers mois de l`année 2007. Ils encouragent les autorités marocaines à poursuivre le processus de consolidation de la stabilité du cadre macroéconomique et d`accélération des réformes structurelles. La Banque mondiale a dans ce cadre exprimé sa disponibilité pour mettre à la disposition du nouveau gouvernement son expertise et ses capacités analytiques en vue notamment de faciliter la hiérarchisation des priorités sectorielles. Lors de la réunion avec les services de la Banque mondiale, M. CHORFI a fait part aux responsables de cette institution de la récusation par le Maroc des derniers résultats de l`enquête sur les indicateurs Doing Business que contredisent l`amélioration de l`attractivité du Maroc, l`accroissement soutenu des IDE et le dynamisme des différents secteurs de l`économie. Il a, cet égard, appelé à une refonte totale de la méthodologie suivie pour l`élaboration de ces indicateurs. Les discussions de la délégation marocaine avec les deux institutions ont également porté sur les aspects liés à la préparation de la prochaine mission conjointe FMI-Banque mondiale portant sur l`évaluation du secteur financier marocain qui se déroulera au cours du mois de novembre prochain. La délégation marocaine a, de même, participé à la réunion des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales maghrébins avec le Directeur Général du FMI, qui a porté sur l`examen du rapport des experts sur l`intégration financière maghrébine, élaboré à l`issue des réunions qu`ils ont tenu à Rabat au cours des mois de mars et juillet 2007. La délégation marocaine, qui assure la coordination des travaux sur le volet de l`intégration financière maghrébine, a présenté au Directeur général du FMI M. de Rato, les principales recommandations des experts pour activer l`intégration financière entre les pays de la région. Il a été convenu à l`issue de cette rencontre de proposer le projet du rapport après l`intégration, le cas échéant, des éventuelles observations, pour adoption à l`occasion de la prochaine conférence sur le rôle du secteur privé qui se tiendra en novembre prochain à Tunis. En outre, la délégation marocaine a activement participé aux réunions du groupe des gouverneurs africains et du groupe des gouverneurs arabes auprès de la Banque mondiale et du FMI avec M.Zoellick et M . de Rato. Le groupe des gouverneurs africains a appelé au renforcement des ressources financières allouées à l`Afrique subsaharienne pour faciliter la réalisation des objectifs du millénaire à travers la mise en place des conditions de la réussite de la XVème reconstitution de l`IDA. Pour sa part, le groupe des gouverneurs arabes a fait part au président de la Banque mondiale des préoccupations des pays arabes portant sur l`appui de la SFI aux pays arabes, le renforcement du rôle de la Banque dans les pays sortant d`un conflit (Liban, Soudan, Palestine et Somalie), la sous-représentation des pays arabes au niveau du personnel et du management de la Banque, et de la nécessité d`améliorer la qualité des prestations de services et d`assistance technique fournies par la Banque. La présence de la délégation marocaine à Washington a été l`occasion de procéder à la signature par M. CHORFI, du côté marocain, et M. Youssef ben Ibrahim Al Bassam, Vice-président du Fonds saoudien de développement, d`une convention de don d`un montant de 180 millions de Riyals saoudiens, soit l`équivalent de 50 millions de dollars . Cette importante contribution qui vise à appuyer la mise en oeuvre de l`initiative nationale de développement humain, témoigne de l`intensité des relations fraternelles qui unissent les deux Royaumes. M Chorfi a également procédé à la signature avec M. Kenneth G.Lay, vice-président et trésorier de la Banque mondiale, d`un avenant à l`accord-cadre " Master Derivative Agreement " qui va permettre au Maroc d`améliorer la gestion active de sa dette extérieure à travers l`extension de l`utilisation des instruments de couverture offerts par la Banque mondiale aux prêts mobilisés auprès d`autres créanciers que la Banque. Enfin, la délégation marocaine a tenu des réunions avec des représentants de banques commerciales internationales qui ont porté notamment sur l`évolution de l`économie marocaine et la situation des marchés financiers internationaux.